Chaque été, les grands festivals de la Côte d'Azur attirent des milliers de participants. Mais derrière l'image festive, leur impact environnemental interroge. Déchets, plastique, mégots : plusieurs associations locales, dont Nice Plogging, tirent la sonnette d'alarme.
Des dizaines de milliers de mégots aux Plages Électroniques
À Cannes, le festival des Plages Électroniques, prévu les 7, 8 et 9 août, cristallise une partie des critiques en raison de son implantation sur la plage. Lors de la dernière édition, « des dizaines de milliers de mégots ont été retrouvés dans le sable », explique Mathieu, membre de l'association, qui a participé au nettoyage. « Avec le risque qu'ils partent en mer. Ce n'est pas parce que c'est un grand événement culturel que l'on doit faire une exception. Il faut être exemplaire, surtout sur un site aussi fragile. »
Autre point noir : le plastique à usage unique. « C'était une orgie de bouteilles d'eau, décrit-il. Le plastique, même recyclé, est très mal recyclé. Une grande majorité finit incinérée, enfouie ou dans l'océan. » Pour l'association, des alternatives existent : « Beaucoup de festivals utilisent des fontaines à eau. Elles existent ici, mais sont souvent hors service. »
« On attend maintenant des actes »
Face à ces constats, des discussions ont été engagées avec les organisateurs. Plusieurs pistes sont évoquées : zones fumeurs mieux identifiées, cendriers fixes, brigade de contrôle ou réduction du plastique. « Pour l'instant, ce sont surtout des déclarations d'intention. On attend maintenant des actes. »
Contactés, les organisateurs assurent avoir engagé depuis plusieurs années une démarche de réduction de leur impact environnemental, qu'ils souhaitent renforcer à l'occasion de la 20e édition. Le festival met en avant le tri des déchets, la valorisation des biodéchets, la redistribution des invendus, une « green team » dédiée au ramassage et un nettoyage quotidien de la plage. Des dispositifs existent aussi pour limiter les mégots. Parmi les pistes encore à l'étude : renforcer le ramassage, améliorer la signalétique, réduire le plastique à usage unique ou encore doubler les points d'eau gratuits. Le festival évoque également le recours partiel à l'énergie solaire et un renforcement de la sensibilisation. Il assure vouloir avancer « de manière concrète, mesurable et transparente » tout en étant également conscient « des limites inhérentes à ce type d'événements. »
Un célèbre sponsor du Nice Jazz Fest dans l'œil de l'association
À Nice, l'association pointe une autre contradiction autour du Nice Jazz Fest, prévu du 23 au 26 juillet. « On ne peut pas se dire éco-responsable et avoir Coca-Cola comme partenaire, déplore Mathieu. C'est le premier pollueur plastique au monde. »
La Ville de Nice, sous la houlette de qui est organisé le festival, se veut toutefois rassurante. Elle souligne que l'événement « s'inscrit dans une démarche exigeante de responsabilité environnementale », avec brigade de tri, écocups consignés, cendriers portatifs et interdiction des bouteilles plastiques au profit de fontaines à eau. Des pistes d'innovation, comme l'énergie solaire, sont aussi à l'étude. Concernant les partenaires, elle précise que des discussions sont en cours « afin de garantir le respect de la charte environnementale. »



