PFAS : seuls 2% des émissions traitées malgré des investissements massifs
PFAS : décontamination inefficace, seuls 2% des émissions traitées

Une étude inédite révèle que les efforts de décontamination des polluants éternels (PFAS) restent largement insuffisants. Malgré l'injection de sommes faramineuses, seuls 2% des émissions actuelles seraient traitées, selon les calculs des chercheurs.

Des investissements colossaux pour un résultat dérisoire

L'analyse, menée par l'ONG ChemSec et le cabinet de conseil en environnement Eunomia, montre que les technologies de dépollution actuelles ne parviennent à capter qu'une infime partie des rejets de PFAS. « Nous dépensons des milliards pour nettoyer, mais nous ne faisons que déplacer le problème », explique le Dr. Anna Lennquist, chercheuse principale chez ChemSec.

Les PFAS, surnommés « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l'environnement, sont présents dans une multitude de produits du quotidien : poêles antiadhésives, vêtements imperméables, mousses anti-incendie. Leur contamination des sols et des eaux est désormais mondiale.

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Un chiffre qui interpelle : 2%

Les chercheurs ont estimé que les capacités mondiales de traitement des PFAS ne couvrent que 2% des émissions annuelles. « C'est comme essayer de vider un océan avec une cuillère », commente le rapport. Les installations de filtration, comme les filtres à charbon actif ou les systèmes d'osmose inverse, sont coûteuses et souvent inefficaces à long terme.

En France, le sujet est devenu brûlant après la révélation de taux élevés de PFAS dans l'eau du robinet de plusieurs communes. Le gouvernement a annoncé un plan d'action doté de plusieurs millions d'euros, mais les associations jugent la réponse insuffisante.

La nécessité d'une action à la source

Face à ce constat alarmant, les experts plaident pour une réduction drastique de l'utilisation des PFAS. « Il est plus efficace et moins coûteux d'empêcher la pollution que de la nettoyer après coup », insiste le Dr. Lennquist. Plusieurs pays, dont le Danemark et l'Allemagne, ont déjà interdit certains usages des PFAS dans les emballages alimentaires.

L'Union européenne étudie actuellement une restriction quasi totale des PFAS, proposée par cinq États membres. Si elle est adoptée, elle pourrait entrer en vigueur d'ici 2025-2027. En attendant, les émissions continuent de s'accumuler.

Un coût exorbitant pour la collectivité

Le coût global de la décontamination des PFAS est estimé à plusieurs centaines de milliards d'euros à l'échelle mondiale. En France, la facture pourrait atteindre 10 milliards d'euros sur 20 ans, selon une estimation de l'Agence de l'eau. « Ces sommes sont supportées par les contribuables alors que les industriels continuent de produire ces substances », dénonce l'ONG Générations Futures.

Les scientifiques appellent à un changement de paradigme : plutôt que de courir après la pollution, il faut stopper le robinet. « Chaque kilo de PFAS produit aujourd'hui restera dans l'environnement pendant des siècles », rappelle le rapport. La solution passe par l'innovation dans des alternatives non toxiques et par une réglementation stricte.

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