Deux députés, Benoît Biteau et Clémentine Autain, du groupe Ecologiste et Social, ont déposé une proposition de loi visant à réduire la teneur maximale autorisée de cadmium dans les engrais phosphatés. Ce métal lourd, présent naturellement dans les roches phosphatées, se retrouve dans l'alimentation via les cultures fertilisées, exposant les consommateurs à des risques pour la santé. Le texte prévoit une baisse progressive à partir de 2027.
L'opposition de l'extrême droite
Lors de l'examen en commission des affaires économiques le 27 mai, le député RN Eddy Casterman a dénoncé une mesure qui pénaliserait l'agriculture française. Selon lui, cette régulation créerait une concurrence déloyale et une surtransposition des normes européennes. Le Rassemblement national utilise l'argument de l'écologie punitive, qu'il brandit régulièrement contre les mesures environnementales.
Des arguments contestés
Les défenseurs de la loi rappellent que le cadmium est classé comme cancérigène par l'Organisation mondiale de la santé. Réduire son taux dans les engrais permettrait de diminuer l'exposition des populations, notamment via les céréales et les légumes. Les oppositions de l'extrême droite minimisent ces risques sanitaires et mettent en avant les coûts pour les agriculteurs, sans proposer d'alternatives.
Le débat à l'Assemblée nationale promet d'être vif, alors que la proposition de loi est examinée à partir du 3 juin. Les écologistes espèrent un vote favorable, tandis que le RN tente de mobiliser les agriculteurs contre ce qu'ils considèrent comme une nouvelle contrainte.



