L'association Mare Nostrum, qui représente les habitants du quartier Méditerranée à Montpellier, intensifie ses actions pour obtenir un suivi rigoureux de la dépollution de l'ancienne usine à gaz d'Engie. Forte d'une contre-expertise commandée par la Métropole, qui a remis en cause une première étude jugée équivoque, l'association demande la création d'un comité de suivi réunissant la Ville, les promoteurs, les habitants, les associations, un cabinet d'expertise indépendant et les services de l'État.
Un dossier qui avance lentement
Le président de Mare Nostrum, Franck Plana, avait souligné en janvier l'ampleur du problème de pollution des sols, tout en saluant l'attention portée par la mairie. Cependant, la campagne des élections municipales a gelé le dossier. L'association a volontairement évité de politiser le sujet, mais a tout de même adressé un courrier au maire le 9 avril pour demander la mise en place du comité de suivi, incluant également des chercheurs.
Un site industriel centenaire
L'ancienne usine à gaz, ouverte en 1834 et fermée en 1974, a fonctionné pendant 130 ans. Elle occupait 18 000 m² entre les rues de Barcelone, du Pont-de-Lattes et le boulevard de Strasbourg. Le site a vu défiler sept générations d'ouvriers qui transformaient le coke du bassin houiller de Graissessac. Un ouvrage intitulé "Histoire de l'Usine à Gaz de Montpellier" a été édité en 2010 par l'association Mémoire pour l'Avenir.
Les engagements du maire
Seuls trois candidats ont répondu au questionnaire de l'association : le maire sortant Michaël Delafosse, Nathalie Oziol et Jean-Louis Roumégas. Dans un courrier de deux pages, le maire s'est engagé à ne prendre aucune décision sans garanties scientifiques sur la dépollution, à garantir la transparence, à promouvoir un urbanisme responsable et à organiser une concertation approfondie.
Inquiétudes sur le mur d'enceinte
Par ailleurs, l'association s'inquiète de l'état du mur d'enceinte longeant le boulevard de Strasbourg, dont l'enduit se détache par plaques. Des barrières ont été installées, mais jugées insuffisantes. Le dénivelé de huit mètres entre la rue de Barcelone et le boulevard, remblayé par des terres, interroge sur la stabilité de l'ouvrage.
Des interrogations sur la constructibilité du site
Mare Nostrum soulève une question inédite : le site pourrait être trop pollué pour être constructible. Seule une parcelle où se trouvent deux arbres remarquables, l'ancien jardin du directeur, serait épargnée. Un sondage réalisé en 2022 auprès de 165 familles avait montré que les habitants souhaitaient un espace vert, une crèche, des logements sociaux et des commerces, tout en étant très vigilants sur la dépollution.
L'association déplore également ne pas avoir obtenu de salle municipale pour organiser une réunion d'information destinée aux riverains, malgré des demandes répétées.



