Le campus Provence verte de Saint-Maximin porte un projet ambitieux : créer une Maison du patrimoine alimentaire pour valoriser les produits locaux emblématiques. L'ouverture est prévue dès le mois de juin 2026, avec le soutien des fonds Leader.
Un projet ancré dans le territoire
Au campus Provence verte, tous les temps sont conjugués. Le présent avec l'enseignement dispensé aux lycéens, le futur puisque ces élèves sont les adultes de demain, mais aussi le passé, car la volonté est de préserver et transmettre savoir-faire et connaissances. Dans cette droite ligne, le Leap porte le projet de création d'une Maison du patrimoine alimentaire en Provence verte. Cette initiative bénéficie des fonds Leader à hauteur de 80 % de l'investissement, soit près de 60 000 euros. L'espace devrait ouvrir ses portes au mois de juin dans l'actuel magasin des produits de l'exploitation agricole du lycée.
Un lycée au service du développement territorial
« La structure lycée agricole, ce n'est pas un lycée uniquement de formation, mais c'est un lycée de développement territorial au travers de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Donc, former les jeunes, c'est bien, développer le territoire, c'est mieux. Et pour le développer, on le fait avec les jeunes », souligne Christian Brayer, directeur de l'établissement scolaire. Il fait état d'un certain nombre de projets menés autour de l'alimentation, comme la légumerie, « au service des agriculteurs. On s'est aperçu qu'ils savaient produire, mais pas transformer. » Une cuisine centrale « nouvelle génération » est en cours de finalisation, capable de produire environ 500 000 repas par an, et aura pour voisine la Maison du patrimoine alimentaire.
Modernité et biodiversité
Dans ce domaine, « on travaille beaucoup pour deux raisons. D'une part, pour la modernité des produits anciens et d'autre part parce que c'est une source de biodiversité incroyable. » Il s'agira donc de conserver, valoriser et moderniser des produits phares du territoire. À une centaine de mètres de cette future maison, le conservatoire national de la prune de Brignoles est en cours d'installation en partenariat avec l'Agglo, le CMP (Conservatoire méditerranéen partagé) et l'association éponyme. « Ça va permettre de conserver les génotypes » et la fameuse pistole d'antan « pourrait être un produit à développer », voire aller plus loin dans un process de transformation « qui peut générer un produit complètement moderne ».
Les pois chiches de Rougiers ou de Rocbaron seront aussi mis en avant. « Il y a un potentiel alimentaire intéressant. On peut par exemple travailler l'aspect goût ou, là aussi, un produit plus moderne. » Cinquante cognassiers (coings de Cotignac, de Provence) ont également été plantés sur les parcelles de l'exploitation pédagogique du lycée. « Demain, ce coing pourra être une saveur, une boisson qu'on peut imaginer. »
Le campus travaille aussi avec le CMP sur l'olive de Barjols et de Varages, « avec un petit domaine forestier campsois », sur la châtaigne de Camps-la-Source et, avec l'association d'Artigues Le domaine du vivant, sur le cochon noir de Provence. Tous ces produits emblématiques locaux ainsi valorisés seront donc à découvrir via des photos, vidéos, interventions, conférences… Et certains pourront être achetés ou dégustés dans cette Maison du patrimoine alimentaire « qui aura aussi la fonction de magasin pédagogique de nos élèves ». « L'idée derrière tout ça est d'installer demain des jeunes sur des produits que l'on ne connaît pas aujourd'hui. » Le magasin est ouvert du lundi au vendredi de 9 h 30 à 13 heures et de 14 h 30 à 19 heures.



