À Collias, dans le Gard, les bénévoles de l'association des Chats libres colliassois poursuivent leur mission de régulation de la population féline errante. Sollicité pour un entretien, l'un d'eux a décliné l'invitation, expliquant que son emploi du temps était entièrement occupé par la pose de cages pièges, les rendez-vous chez le vétérinaire et le suivi des chats du village. Cette réponse, loin d'être une esquive, témoigne de l'ampleur discrète de ce travail de terrain.
Une démographie féline explosive
Le combat des bénévoles repose sur un constat démographique alarmant. Selon les estimations des associations de protection animale, une chatte non stérilisée peut, avec sa descendance, engendrer jusqu'à 20 000 individus en quatre ans. Ce chiffre s'explique par un cycle de reproduction exceptionnel : dès l'âge de 7 mois, la femelle peut avoir deux à trois portées par an, et son ovulation, déclenchée par l'accouplement lui-même, garantit un taux de fécondation proche de 100 %.
Face à cette croissance exponentielle, les bénévoles misent sur la méthode « capture, stérilisation, relâcher » (CSR), reconnue comme la plus efficace et la plus éthique. Les chats errants sont piégés sans stress, opérés, identifiés par puce et marqués d'une légère encoche à l'oreille gauche, avant d'être relâchés exactement là où ils ont été capturés. Après vaccination, devenus « chats libres », ils occupent leur territoire et empêchent, par leur seule présence, l'arrivée d'autres individus non stérilisés.
Un cadre légal et des bénéfices concrets
Cette pratique n'a rien d'officieux. Le Code rural permet au maire d'autoriser, par arrêté municipal, la capture des chats sans propriétaire vivant en groupe sur les lieux publics de la commune, en lien avec une association. La stérilisation évite ainsi l'euthanasie systématique en fourrière et met fin, pour le voisinage, aux miaulements de chaleurs, aux bagarres territoriales et aux marquages urinaires.
Sans intervention, la population féline du village pourrait déraper rapidement, avec son cortège de maladies telles que le coryza, le FIV (l'équivalent félin du VIH) et la sous-nutrition. Les personnes souhaitant signaler un groupe de chats errants ou soutenir bénévolement la campagne de stérilisation peuvent se rapprocher de l'association d'utilité publique des Chats libres colliassois.



