Les canicules successives mettent à rude épreuve les Français, les animaux, les transports, l'économie, et sans doute - en premier lieu - la nature. Le côté visible, c'est l'herbe du jardin toute jaune qui fait un bruit de gâteau sec quand on marche dessus. Le côté invisible, c'est que « 93 % des niveaux de nappes phréatiques sont en baisse », selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Alors que la carte était bleue en mars, la « vidange des nappes » s'est poursuivie en juin comme avant en mai, « en lien avec le déficit de pluie efficace » et « l'augmentation des prélèvements ».
Une baisse généralisée des niveaux
Si le constat de baisse est généralisé, le niveau des nappes n'est pas critique partout. En Île-de-France, Eure-et-Loir, dans la plaine du Roussillon ou dans la Sarthe, les niveaux sont « modérément hauts » à « très hauts ». Selon le BRGM, ces secteurs « peuvent espérer avoir des niveaux satisfaisants pour le trimestre prochain ».
En revanche, il y a des endroits où les nappes souffrent plus. C'est le cas en Auvergne, dans le Limousin et le Grand-Est, où les niveaux observés sont « très bas » et font l'objet d'une « vigilance renforcée ». Pour la suite, demeure l'incertitude sur la « répartition des pluies estivales qui permettraient de réhumidifier les sols et ainsi limiter les prélèvements dans les nappes ».
Mesures de restriction dans 97 départements
Dans 97 départements, les préfets ont déjà pris des mesures plus ou moins drastiques pour limiter les prélèvements dans les nappes afin de préserver la ressource en eau. Ce lundi, le ministère de la Transition écologique a reconnu une « situation précoce et exceptionnelle » de sécheresse sur l'ensemble du territoire. Une sécheresse « comparable à 2022 », sauf au niveau des nappes souterraines « grâce à une recharge satisfaisante au printemps ».



