À Mougins, près de Cannes, une fuite d'eau potable a déversé environ 50 000 litres par jour pendant six mois sur le terrain de l'entreprise de paysagiste Corporandy, dirigée par François Chassigneux. Le gestionnaire du réseau, So'eau, a mis plus de deux mois à intervenir après le signalement, suscitant l'indignation de l'entrepreneur.
Une fuite persistante malgré les alertes
Dès le 13 juillet, une affiche apposée par So'eau sur le terrain annonçait une réparation imminente. Mais selon François Chassigneux, cette pancarte était présente depuis deux mois sans aucune amélioration. « Ce matin, ils m'ont dit qu'une demande avait été faite, alors qu'il y en avait déjà une autre, et qu'ils se sont emmêlé les pinceaux », explique-t-il. Contacté par Nice-Matin le 13 juillet, So'eau est finalement intervenu le lendemain, 14 juillet.
La fuite, localisée sur un mur du terrain, s'écoulait par quatre endroits différents. Pour estimer le volume, Chassigneux a chronométré le remplissage d'un récipient d'un litre et converti sur une journée : plus de 50 000 litres d'eau potable perdus quotidiennement. « Des gens sont venus faire des analyses, parce que je me disais que c'était peut-être l'eau du canal de la Siagne. Mais non, celle-là est chlorée », précise-t-il.
Un gaspillage jugé « indécent » en période de sécheresse
Cette situation intervient alors que le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a imposé des restrictions d'eau dans 30 communes du bassin cannois depuis le 11 juillet, en raison de la sécheresse. « C'est juste indécent », déplore Chassigneux, dont l'entreprise de paysagisme est particulièrement sensible à la gestion de l'eau. « Voir cette déperdition, ça me fait mal au cœur. »
Outre le gaspillage, la fuite a fragilisé le mur de soutènement. « Il se fissure. Heureusement, c'est nous qui avons fait ce mur et qu'il est bien fait, avec un bon drainage derrière. Si ça avait été un mur normal, mal fait, il se serait écroulé », ajoute-t-il. En attendant la réparation, l'entrepreneur a creusé une tranchée et posé un drain raccordé aux eaux pluviales pour protéger ses camions et son entrepôt.
Les explications de So'eau
So'eau justifie le délai d'intervention par la complexité du diagnostic. « Le délai observé correspond à la nécessité d'établir un diagnostic fiable, d'étudier plusieurs scénarios techniques et de préparer une intervention dans des conditions garantissant, à la fois, son efficacité et la sécurité de l'ensemble des usagers », explique le délégataire. L'origine de la fuite était difficile à déterminer, et le branchement traversait deux voies d'une route départementale, dans un virage, nécessitant une vigilance accrue pour la sécurité. L'intervention a été réalisée le 14 juillet, « jour férié, qui pouvait avoir le moins d'incidence pendant cette période estivale ».



