Entre le port de Marina-Baie-des-Anges et la limite avec Antibes, la dynamique côtière est devenue un enjeu sécuritaire majeur pour Villeneuve-Loubet. La Ville entend mettre en œuvre un projet de tipis immergés pour lutter contre l’érosion et ses conséquences. « La route a été bloquée cinq fois l'année dernière. La laisse d'eau avance d'environ 40 cm par an », confirme Philippe Déléan, conseiller municipal suppléant.
Un recul du trait de côte très inquiétant
Lors des tempêtes, le rythme s'accélère avec des coups de mer générant une vague « toutes les 7 secondes » et une pression de « 5 à 9 tonnes au mètre carré qui emporte les sédiments des plages », indique Philippe Déléan. Avant les solutions, la Ville constatait « un recul du trait de côte très inquiétant, de l'ordre de 0,7 mètre par an dans ce secteur ».
Le projet Rebamb et ses résultats prometteurs
Face au refus de l’État d'envisager des digues sous-marines classiques, la municipalité a misé sur d’autres solutions. Elle a soutenu avec le Département le projet Rebamb, de la start-up niçoise Biobamb. L'idée : immerger des modules en bambou naturel pour casser l'énergie des vagues avant qu'elles ne s'écrasent sur la plage. Une phase d'expérimentation (2018-2021) avec des structures flottantes ancrées a porté ses fruits. Olivier Delaet, directeur général adjoint, s'en félicite : « On n'a pas constaté d'augmentation substantielle de l'érosion du trait de côte. »
« Ce dispositif a agi comme un véritable aimant à biodiversité, insiste Olivier Delaet, sous le contrôle du conseil scientifique des îles de Lérins. On a vu une très forte augmentation de la faune et la flore agrégée sur ces bambous. » Philippe Déléan ajoute : « On a même trouvé des moules et constaté la reproduction d'hippocampes. »
Vers des tipis fixes et un linéaire étendu
Aujourd'hui, la commune souhaite déployer une version améliorée : « des structures fixes en forme de tipis, réputées plus robustes, sur un linéaire plus important », explique Olivier Delaet. Le budget est estimé à 300.000 euros sur trois ans. Ces installations nécessitant une occupation du domaine public maritime, la direction départementale des territoires et de la mer doit donner son feu vert, « mais les demandes restent sans réponse », se plaint la Ville. Contactée, la direction n’a pas répondu.
Lionnel Luca, maire de Villeneuve-Loubet, dénonce « un abandon. On se sent bien seuls. Je ne comprends pas que des propositions innovantes, écologiques soient méprisées ainsi. On va solliciter les subventions, les autorisations et chacun prendra ses responsabilités devant l'histoire. »
Les limites du domaine maritime étendues
La préfecture envisagerait de redessiner en 2026 les limites du domaine public maritime pour englober la route du bord de mer (D6098), repoussant le domaine jusqu'au pied de la voie ferrée. Plusieurs établissements pourraient basculer dans le domaine public maritime : le 4-étoiles Villa Azur, La Cabane, Le Mombasa Beach, Le Beach Klubber, Le 716 Beach ou Le Raani. Deux parkings pourraient également tomber dans le domaine : celui de La Batterie et celui des Maurettes.
1. La limite extrême atteinte par la mer en un jour déterminé.



