Olivier Minazzoli, expert en données spatiales, défend l'idée d'exploiter les informations recueillies par les satellites pour mieux protéger les océans. Selon lui, ces données peuvent permettre de détecter en temps réel les pollutions, la pêche illégale ou encore le réchauffement des eaux.
Une surveillance accrue des océans
Les satellites offrent une vision globale et continue des océans, ce qui est impossible avec les moyens traditionnels. Minazzoli souligne que « les données satellites sont sous-exploitées » et qu'elles pourraient être utilisées pour créer des systèmes d'alerte précoce. Par exemple, en 2023, 35 % des déversements d'hydrocarbures en mer ont été détectés grâce à l'imagerie satellite, selon l'Agence spatiale européenne.
Des applications concrètes
Les données satellites permettent de suivre les courants marins, la température de surface, la concentration en chlorophylle, ou encore les mouvements des navires. Minazzoli propose de les intégrer dans des plateformes ouvertes accessibles aux scientifiques, aux autorités et aux ONG. « Nous avons la technologie, il faut maintenant la volonté politique », déclare-t-il.
Un enjeu de coopération internationale
La protection des océans nécessite une coopération mondiale. Minazzoli insiste sur la nécessité de partager les données entre pays et de standardiser les protocoles. Actuellement, seulement 10 % des océans sont protégés, un chiffre loin de l'objectif de 30 % fixé par l'ONU pour 2030. L'utilisation des satellites pourrait accélérer cette protection en identifiant les zones critiques.
Des défis techniques et juridiques
Malgré les avantages, des obstacles persistent : le coût des satellites, la gestion des masses de données, et les questions de souveraineté. Minazzoli appelle à des partenariats public-privé pour financer ces projets. Il cite l'exemple de la mission SWOT (Surface Water and Ocean Topography), lancée en 2022, qui cartographie les eaux de surface avec une précision inédite.



