Moustiques sur le littoral montpelliérain : pourquoi ils sont déjà si nombreux et plus gros
Moustiques : invasion précoce et de plus grande taille sur le littoral

Pourquoi les moustiques sont-ils déjà si nombreux et plus gros sur le littoral montpelliérain ?

Plus nombreux, parfois jugés plus gros et déjà bien présents dès le mois d’avril, les moustiques surprennent sur le littoral, notamment à La Grande-Motte. Un phénomène directement lié à un hiver exceptionnellement humide et à des températures douces, mais qui ne permet pas de présager de la suite de la saison. Explications en quatre questions.

Pourquoi les moustiques semblent-ils plus gros cette année ?

La sensation de moustiques "plus gros" repose sur deux réalités… et une confusion fréquente. Les conditions de développement ont été particulièrement favorables cet hiver. Avec des zones humides durablement inondées, les larves ont eu plus de temps et davantage de ressources pour se nourrir, donnant des adultes plus développés. "Ils ont été bien nourris, ils sont restés longtemps dans l’eau. Plus vous êtes bien nourris, plus vous êtes gros", résume dans un sourire Jean-Baptiste Panchau, chef d’agence à l’EID-Med.

Cette impression est aussi liée à une confusion entre espèces. Beaucoup pensent observer des moustiques tigres, alors qu’il s’agit souvent de moustiques des marais, notamment Aedes detritus, naturellement plus grands. Ces moustiques ne sont donc pas anormalement gros : ils sont mieux développés et différents de ceux que le public identifie habituellement.

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A-t-on plus de moustiques en cette période et pourquoi ?

Oui, la présence est plus importante qu’à l’accoutumée pour un mois d’avril. En cause, un hiver exceptionnellement humide sur le littoral, avec des pluies abondantes et des vents marins ayant entraîné des mises en eau durables des zones humides, véritables gîtes larvaires. Dans ces conditions, les larves d’Aedes detritus ont proliféré sur de vastes surfaces, parfois avec des densités proches de celles observées en été. La douceur des températures depuis la mi-février a accéléré leur développement et favorisé des émergences précoces.

Des pluies record cet hiver

Depuis début décembre, environ 426 mm de pluie ont été relevés à Montpellier, un cumul exceptionnel pour la saison hivernale et inédit depuis plusieurs décennies. À la station de Montpellier-Fréjorgues, les seuls mois de janvier à mars 2026 totalisent déjà près de 370 mm de précipitations. Un excédent remarquable, concentré sur quelques semaines, qui a durablement saturé les zones humides du littoral et favorisé des éclosions massives et précoces de moustiques dès le début du printemps.

Les interventions ont aussi été compliquées dans certaines zones difficilement accessibles, ce qui a limité l’efficacité des traitements. Enfin, cette espèce pouvant se disperser sur plusieurs kilomètres, la nuisance s’étend au-delà des zones de reproduction. Au final, c’est bien la combinaison d’un hiver très humide et de températures douces qui explique cette présence marquée.

Que se passe-t-il à La Grande-Motte ?

À La Grande-Motte, la gêne est plus forte en raison d’un cumul de facteurs. La commune est située au cœur de vastes zones humides particulièrement favorables aux moustiques, largement inondées cet hiver. Surtout, elle se trouve dans un environnement riche en gîtes larvaires, dans un rayon important. "La zone est ceinturée dans un rayon égal à la dispersion des moustiques […] dont certaines zones situées à l’est ne sont pas démoustiquées", précise l’EID.

La ville subit donc à la fois ses propres éclosions et des apports extérieurs, les moustiques pouvant parcourir plusieurs kilomètres, parfois portés par les vents. Les conditions d’intervention difficiles cet hiver ont également joué, tout comme la douceur des températures qui a prolongé leur activité. Résultat : une pression plus forte qu’ailleurs.

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Est-ce que cela signifie que cet été il y aura plus de moustiques que d’habitude ?

Non, selon le spécialiste de l’EID. La situation actuelle, aussi impressionnante soit-elle, ne permet pas de conclure à un été plus difficile. Les moustiques observés aujourd’hui sont des espèces hivernales, dont le cycle de vie est court. "En général, ils vivent entre 30 et 40 jours", rappelle Jean-Baptiste Panchau. Leur présence est donc temporaire et devrait diminuer progressivement. Surtout, "cette situation hivernale exceptionnelle ne saurait en rien préfigurer la suite de l’année".

Tout dépendra des conditions météo à venir. De nouvelles mises en eau pourraient relancer des éclosions, tandis qu’un temps plus sec limiterait la prolifération. En revanche, une certitude demeure : comme chaque année, le moustique tigre (Aedes albopictus) fera son retour en masse avec les chaleurs estivales.