Monaco Blue Initiative 2026 : l'alliance public-privé pour financer les océans
Monaco Blue Initiative 2026 : public-privé pour les océans

Au Musée océanographique, la conférence « Gouverner et financer l’océan dans un monde fragmenté » de la Monaco Blue Initiative a mis en lumière un enjeu central ce mercredi 27 mai : dans un monde de plus en plus désuni, la protection de l’océan ne peut plus se penser sans une articulation entre action publique et capitaux privés. Au cœur des échanges, un constat partagé par les participants est apparu : gouverner et financer l’océan exige de dépasser les cloisonnements, qu’ils soient politiques, économiques ou géographiques.

Des États moteurs, mais insuffisants seuls

En introduction de cette discussion, le ministre albanais de l’Environnement, Sofjan Jaupaj, a plaidé pour un changement de modèle. Si les aires protégées se multiplient, elles restent insuffisantes face à l’ampleur du défi. « Aucun pays ni aucune religion ne peut, seul, répondre au changement climatique », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité de coalitions plus larges.

Cette hybridation des financements était au cœur des discussions ce mercredi. Pour Valerie Hickey, directrice du groupe pour l’environnement à la Banque mondiale, la question n’est plus de savoir si la finance peut s’engager, mais comment orienter des « trillions de dollars » vers des projets viables. Mahima Sukhdev, directrice de la croissance de GIST Impact, entreprise spécialisée dans la mesure de l’impact environnemental des investisseurs, appelle, en ce sens, à établir un nouveau cadre de contrôle et à aligner les investissements sur les preuves scientifiques.

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La finance encadrée en renfort

Mais cette volonté d’investissements privés ne peut se faire sans garde-fous. L’ancienne ministre des Armées Sylvie Goulard, coprésidente du Groupe consultatif international sur les crédits biodiversité, a rappelé que « la finance n’est utile que sous contrôle démocratique », pointant les dérives possibles de greenwashing et de diffusion de fausses informations.

Enfin, la question de l’inclusion des peuples concernés par les différents projets, qu’ils soient publics ou privés, a été posée. Pour Humphrey Kariuki, fondateur de Janus Continental Group, groupe englobant, entre autres, des entreprises spécialisées dans l’énergie, ce constat est très clair : « Sans les peuples et les communautés sur place, rien n’est durable ».

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