Déchets radioactifs au fond de l'Atlantique : ce que les scientifiques ont observé
Déchets radioactifs dans l'Atlantique : observations scientifiques

Des scientifiques ont récemment observé des déchets radioactifs au fond de l'océan Atlantique, confirmant une contamination qui dure depuis les années 1950. Selon une étude publiée dans la revue Science of the Total Environment, des chercheurs de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont analysé des sédiments prélevés à plusieurs centaines de mètres de profondeur, au large des côtes européennes.

Une contamination historique

Les déchets proviennent principalement de rejets de centrales nucléaires et d'installations de retraitement, notamment celles de La Hague en France et de Sellafield au Royaume-Uni. Entre 1950 et 1990, ces sites ont déversé des tonnes de matières radioactives dans l'Atlantique. Les scientifiques ont mesuré des niveaux de césium 137 et de plutonium, des isotopes radioactifs, dans les sédiments marins.

Selon les données de l'IRSN, les concentrations de césium 137 atteignent jusqu'à 15 becquerels par kilogramme de sédiment sec dans certaines zones. Le plutonium, quant à lui, est présent à des niveaux de 1 à 5 becquerels par kilogramme. Ces valeurs, bien que faibles par rapport aux normes de sécurité, montrent que la contamination persiste.

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L'impact sur les écosystèmes marins

Les chercheurs ont observé que la radioactivité se concentre dans les sédiments superficiels, où vivent de nombreux organismes benthiques. Ces organismes peuvent absorber les radionucléides, qui remontent ensuite dans la chaîne alimentaire. "Nous avons constaté que les poissons et les crustacés prélevés dans ces zones présentent des traces de radioactivité, mais à des niveaux qui restent inférieurs aux limites réglementaires pour la consommation humaine", explique le Dr. Marie Dupont, chercheuse à l'IRSN et co-auteure de l'étude.

L'étude souligne également que les courants océaniques ont dispersé les déchets sur de vastes distances. On retrouve ainsi des traces de radioactivité jusqu'au large de l'Espagne et du Portugal. Les scientifiques estiment que la contamination pourrait persister pendant plusieurs décennies, voire des siècles, en raison de la lente décomposition des isotopes radioactifs.

Des recommandations pour l'avenir

Face à ces observations, les chercheurs recommandent un suivi régulier des sédiments marins et une meilleure gestion des déchets nucléaires. "Il est crucial de surveiller ces zones pour évaluer l'évolution de la contamination et prévenir d'éventuels risques pour la santé publique", ajoute le Dr. Dupont. L'étude appelle également à une coopération internationale pour limiter les rejets de matières radioactives dans les océans.

Cette découverte intervient alors que le débat sur le stockage des déchets nucléaires en mer est relancé. Plusieurs organisations environnementales, comme Greenpeace, dénoncent les risques à long terme pour les écosystèmes marins et demandent l'interdiction de tout rejet de déchets radioactifs dans les océans.

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