30% des océans protégés d'ici 2030 : mission difficile mais pas impossible
30% océans protégés en 2030 : mission difficile mais possible

L'objectif dit « 30x30 » figure parmi les grandes priorités environnementales de la décennie : parvenir à protéger 30 % des océans d'ici 2030. Adopté dans le cadre mondial pour la biodiversité Kunming-Montréal en 2022, cet engagement ambitieux a été renforcé par le traité sur la haute mer (BBNJ) en 2023, dont Monaco a été le premier pays européen signataire. Alors que le Blue Economy and Finance Forum (BEFF) s'achève ce vendredi 29 mai à Monaco, les spécialistes réunis affichent un optimisme mesuré mais soulignent l'urgence d'agir, d'autant plus dans un contexte géopolitique mondial tendu.

Des avancées diplomatiques prometteuses

Pour Pascal Lamy, vice-président du BEFF et ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, des clarifications sont attendues dès le début de l'année 2027. « L'objectif 30x30 est atteignable. On constate énormément de projets de protection. La question est de savoir quelle est la qualité de cette protection, ce qui dépend aussi des capacités de surveillance. On y verra plus clair lors de la première réunion des parties de l'accord BBNJ en janvier 2027 », assure-t-il.

Karen Sack, membre du comité d'experts du BEFF 2026 et directrice exécutive d'Ocean Risk Alliance, renchérit : « C'est difficile mais pas impossible. Nous avons appris que dans le domaine des océans, les choses prennent du temps, mais la ratification et l'entrée en vigueur du traité BBNJ montrent que les avancées diplomatiques sont possibles. Nous devons tous nous engager : système politique, diplomates, secteur privé, société civile. »

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8 millions de km² à protéger chaque année

En marge de la Monaco Blue Initiative, Ashleigh McGovern, vice-présidente de Conservation International, rappelait que pour passer de 10 % à 30 % de protection, il faut protéger 8 millions de kilomètres carrés supplémentaires chaque année d'ici 2030. Un défi colossal, mais des motifs d'espoir existent : « Le secteur privé commence à reconnaître que passer du risque à la résilience est une véritable opportunité d'investissement », note Karen Sack.

Mobiliser les financements nécessaires

Atteindre cet objectif nécessite des financements massifs. Le BEFF s'efforce de les mobiliser : l'an passé, la plateforme a généré près de 10 milliards de dollars d'investissements dans l'économie bleue. Selon les Nations unies, 175 milliards de dollars par an sont nécessaires pour préserver durablement l'océan. Mais au-delà des montants, Cyril Gomez, directeur général adjoint de l'Institut océanographique, insiste sur les conditions : « Ce qui limite la croissance de la finance bleue n'est pas l'absence d'intérêt. Combler cet écart requiert des pipelines bancaires, des normes communes, des garanties, et surtout la capacité de relier l'ambition publique à la capacité d'investissement privé. »

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