Montpellier : le nouveau "Monsieur déchets" dévoile le plan pour stopper l'export des poubelles
Montpellier : le plan pour stopper l'export des déchets

Pierre-Marie Carvajal, maire de Castries, a été nommé vice-président à la gestion des déchets de la Métropole de Montpellier. Dans un entretien, il détaille le projet de Combustible Solide de Récupération (CSR) qui doit permettre de traiter localement les déchets et de mettre fin à une situation qualifiée d'hérésie : l'exportation de 113 000 tonnes de déchets chaque année vers huit sites d'incinération et d'enfouissement dans le sud de la France, pour un coût de 28 millions d'euros.

Un dossier explosif pour un jeune maire

Interrogé sur les risques de cette délégation, Carvajal confie : "On me tape sur l'épaule en me souhaitant bon courage ou bonne chance." Il assure que ce n'est pas un cadeau empoisonné, mais un engagement au service de la collectivité. La Métropole est la seule collectivité de France à ne pas disposer d'exutoire pour ses déchets, ce qui la contraint à une exportation massive.

Le projet CSR : une solution d'avenir

L'unité CSR, qui remplacera l'actuelle usine Amétyst, traitera 40 000 tonnes de déchets non recyclables. Le calendrier prévoit une concertation jusqu'au 14 juin, une enquête publique en fin d'année, et le début des travaux en septembre 2027 pour une livraison le 30 novembre 2029. Le coût pour la Métropole est de 31 millions d'euros, mais l'investissement total sur 15 ans (DSP) atteint 565 millions, dont 125 millions pour l'investissement.

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Réduction des odeurs et amélioration du compost

Les odeurs d'Amétyst devraient se résorber rapidement grâce à l'interdiction de l'épandage de compost issu d'ordures ménagères à partir de janvier 2027. Seul le compost de biodéchets sera autorisé, garantissant une meilleure qualité. En attendant, les 33 000 tonnes de déchets non transformés s'ajouteront aux 113 000 tonnes exportées.

Objectif zéro déchet et baisse de la TEOM

La politique zéro déchet reste une priorité. La Métropole consacre 1,5 million d'euros par an à la sensibilisation, avec 22 éco-messagers intégrés dans les marchés publics. L'objectif est de baisser la Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères (TEOM) d'au moins 10 % d'ici 2030, grâce aux économies réalisées par le tri et la production d'énergie (électricité, biométhane, chaleur). Le réseau de chaleur passera de 2 500 à 8 500 logements.

Transparence et contrôle des rejets

Pour rassurer les riverains, un système de contrôle indépendant via Atmo sera installé, et une commission de suivi associera l'État, les riverains et les associations. Les rejets (NOx, monoxyde de carbone, ammoniaque) seront de 2 à 30 fois inférieurs aux normes.

Carvajal conclut : "Trier plus, trier mieux", déplorant que seule une bouteille en verre sur deux soit recyclée. La tarification incitative au poids est pour l'instant écartée, mais la pédagogie reste clé.

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