La nouvelle révision du diagnostic de performance énergétique (DPE) va faire sortir plus de 300 000 logements du statut de passoires thermiques, a annoncé le ministère du Logement jeudi 28 août. Cette mesure, qui modifie les critères de calcul du DPE, vise à corriger des incohérences dans l'évaluation de la performance énergétique des logements.
Une refonte des critères de calcul
Le ministère du Logement a dévoilé les contours de cette révision, qui repose sur une modification de la méthode de calcul du DPE. Selon les informations publiées, les nouveaux critères prendront mieux en compte les spécificités des logements, notamment ceux de petite surface, qui étaient souvent pénalisés par l'ancienne méthode. Cette refonte devrait permettre à plus de 300 000 logements de sortir de la catégorie des passoires thermiques, c'est-à-dire les logements classés F ou G.
Le gouvernement justifie cette révision par la nécessité d'adapter le DPE aux réalités du terrain. Les associations de consommateurs et les professionnels de l'immobilier avaient régulièrement pointé du doigt les incohérences du DPE, qui classait parfois des logements récents en catégorie énergivore. La nouvelle méthode vise à corriger ces biais.
Un impact sur le marché locatif
Cette révision aura des conséquences directes sur le marché locatif. En effet, les logements classés F ou G sont soumis à des restrictions, notamment l'interdiction de location à partir de 2025 pour les logements classés G, puis à partir de 2028 pour les classés F. Avec cette nouvelle révision, certains propriétaires pourront éviter ces interdictions, ce qui pourrait atténuer la pression sur le marché locatif dans certaines zones tendues.
Le ministère précise que les propriétaires de logements concernés devront mettre à jour leur DPE pour bénéficier de la nouvelle classification. Cette mise à jour pourra être réalisée lors de la vente ou de la location du bien, ou de manière volontaire.
Des réactions mitigées
Les réactions à cette annonce sont mitigées. Certains acteurs du secteur saluent une mesure qui corrige des injustices, tandis que d'autres craignent que cela ne freine la dynamique de rénovation énergétique. Les associations environnementales rappellent que l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre du parc immobilier reste une priorité. Selon les données du ministère, le parc immobilier représente environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre de la France.
Le gouvernement affirme que cette révision ne remet pas en cause l'objectif de rénovation énergétique, mais qu'elle permet de mieux cibler les efforts. Les propriétaires de logements sortis de la catégorie des passoires thermiques pourront ainsi se concentrer sur les travaux réellement nécessaires.
Prochaines étapes
La nouvelle version du DPE entrera en vigueur au 1er juillet 2026, selon le calendrier annoncé par le ministère. Les professionnels du diagnostic immobilier devront se former aux nouvelles règles, et les logiciels de calcul devront être mis à jour. Le ministère prévoit une période de transition pour permettre aux propriétaires de s'adapter.
En attendant, les propriétaires de logements classés F ou G peuvent déjà anticiper leur mise en conformité. Le ministère recommande de consulter un professionnel pour évaluer l'impact de cette révision sur leur bien. Cette mesure devrait également avoir un effet sur les prix de l'immobilier, les logements mieux classés étant généralement plus valorisés sur le marché.



