Printemps précoce et tempête Nils : la forêt des Landes sous haute surveillance
Forêt des Landes : printemps précoce et vigilance accrue

La poussée des températures de ce printemps 2026 a avancé la floraison de la végétation de deux à trois semaines. Les pluies se font désirer, alors que leur abondance cet hiver a permis de regonfler les nappes. Résultat, une végétation de surface un peu sèche en forêt et une vigilance de tous les acteurs, d’autant que les dégâts de la tempête Nils n’ont pas été totalement traités.

Un printemps précoce mais pas de stress hydrique pour l'instant

« À la sortie d’un hiver pluvieux, nous avons eu un printemps très précoce, avec des périodes de chaleur importantes et des températures la nuit qui ne descendent pas en dessous de 10 °C. Résultat, la végétation a vite poussé. Une floraison en avance de deux à trois semaines. Pour autant, la végétation du parc naturel régional ne donne pas, à fin avril, de signes de stress hydrique. On a des niveaux d’eau dans les nappes très acceptables. En surface, la végétation peut certes présenter sur ses parties aériennes des signes de sécheresse, mais celles-ci peuvent néanmoins se réhumidifier dès la moindre baisse de température », souligne Fanny Guillaud, chargée de mission patrimoine naturel au Parc naturel régional des Landes de Gascogne, un parc composé à plus de 75 % du massif forestier dont il porte le nom.

Les dégâts de la tempête Nils compliquent la situation

La tempête Nils et les inondations induites, en février dernier, ont déstructuré les sols du massif des Landes de Gascogne, déstabilisant des arbres qui ne sont pas tombés tout de suite. « Nous constatons qu’à fin avril, la reconstitution des réserves en eau utile a bien eu lieu cet hiver et reste intacte », précise Stéphane Vieban, directeur général de la coopérative forestière Alliance Forêts Bois.

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Pour autant, tout comme Fanny Guillaud, Caroline Fourcade, chargée de mission risques naturels à l’Office national des forêts (ONF) Nouvelle-Aquitaine, et Stéphane Vieban ne sont pas inquiets, à cette heure, au sujet de la forêt et des risques incendie, tout en restant « attentifs et vigilants, surtout s’il continue à ne pas pleuvoir dans les semaines à venir ».

Une période charnière pour les risques d'incendie

« Nous sommes dans une période charnière, et les pompiers sont déjà sur le front avec des premiers feux de forêt ces derniers jours, dont un dans la forêt départementale à Cestas (33), la semaine dernière », souligne Caroline Fourcade. « Depuis 2023, au lendemain des incendies de l’été 2022, l’ONF comme la Défense de la forêt française contre les incendies (DFCI) sont engagés dans un protocole de suivi du stress hydrique, avec des relevés réguliers qui vont reprendre après le 6 mai. »

De son côté, Alliance Forêts Bois effectue des carottages du sol réguliers et constate « qu’à fin avril, la reconstitution des réserves en eau utile a bien eu lieu cet hiver et reste intacte ».

Les dégâts non détectés de la tempête

La forêt est sous surveillance, comme les années passées. Avec ceci de différent qu’au haut niveau des températures (y compris la nuit), à l’absence de pluie prolongée et au retour des promeneurs dans la forêt – quand neuf départs de feu sur dix sont d’origine humaine – se rajoutent les bouleversements liés à la tempête Nils de février.

« Sur une diagonale qui va de Labouheyre (40) à Casteljaloux (47), la tempête a dévasté certaines parcelles à 80 %, souligne Stéphane Vieban. Notre coopérative s’est mobilisée pour exploiter, sortir et valoriser les chablis chez nos clients. Mais nous constatons en ce printemps des parcelles a priori indemnes mais également affectées sur 10 ou 20 % de la surface. Ce surplus que nous n’avons pas pu évaluer avant doit être traité rapidement, dans un contexte de marché du bois peu porteur avec des coûts énergétiques qui ont explosé. La coopérative a donc décidé de déplacer ses moyens des zones non tempêtées vers la diagonale de dégâts dans un délai très court. »

Car il s’agit d’éviter le stockage prolongé de bois en forêt face aux risques incendie et scolyte. Au sein de la forêt publique régionale, ce sont 65 000 m³ de chablis qui ont été évacués en Lot-et-Garonne et dans les Landes depuis mars.

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