Biomasse et forêt durable : le préfet et les acteurs forestiers défendent leur vision à Monein
Biomasse et forêt durable : le préfet défend sa vision à Monein

Une journée dédiée à la biomasse et à la forêt durable à Monein

Les enjeux cruciaux de la biomasse et de la gestion durable de la forêt ont été exposés avec force par le préfet Jean-Marie Girier et les principaux acteurs forestiers du département. Cette présentation s'est déroulée en clôture de l'action écoresponsable des Gîtes de France, à Monein, le vendredi 30 janvier, en marge du comité biomasse départemental. Par crainte que des opposants aux projets de production de biocarburants, issus de la biomasse, ne viennent perturber l'événement, une mobilisation conséquente des forces de l'ordre a été déployée pour accompagner ce rendez-vous.

Une action symbolique : 1 600 arbres plantés pour compenser l'empreinte carbone

L'opération « Un séjour réservé = un arbre planté », menée par les Gîtes de France, a pris fin avec la plantation des 80 derniers arbustes. Au total, ce sont 1 600 jeunes plants qui ont été mis en terre au bois du Saüt : 1 000 chênes, 300 charmes et 300 arbres fruitiers. Cette initiative, réalisée en partenariat avec l'Office national des forêts (ONF) et la commune de Monein, visait à pallier l'empreinte carbone des touristes.

« Quoi de mieux que de planter des arbres pour compenser l'impact environnemental des visiteurs ? », souligne Marie-Jo Nousty, présidente départementale du réseau, dont le cœur de métier reste l'accueil des touristes. Entourés d'adhérents des Gîtes de France, le préfet Jean-Marie Girier, la sous-préfète Joëlle Gras, le député David Habib, le maire Bertrand Vergez-Pascal et les responsables d'organismes professionnels comme l'ONF, la DDTM, la FNSEA et Alliance, étaient présents pour saluer cette action, qui s'est déroulée sans incident.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les débats sur la biomasse : entre souveraineté et transition écologique

Pour Jean-Marie Girier, cette étape moneinchonne s'inscrivait dans une journée entièrement dédiée à la biomasse. L'après-midi a été marquée par une réunion du Comité départemental de gestion durable de la biomasse, tenue au château de Franqueville, à Bizanos. S'adressant notamment aux opposants aux projets d'usines de biocarburant du Bassin de Lacq, le préfet a balayé ce qu'il qualifie de « débats simplistes » qui entravent selon lui le travail sur la biomasse.

Il a rappelé les enjeux majeurs liés à cette ressource : « la souveraineté énergétique, la transition écologique et le développement industriel ». Antoine De Boutray, directeur de l'ONF 64, est quant à lui revenu sur la notion essentielle de gestion durable de la forêt, dans un contexte d'évolution climatique et de déficit hydrique croissant.

La hiérarchie des usages du bois : une priorité pour la valorisation sylvicole

Antoine De Boutray a plaidé pour une valorisation sylvicole qui doit impérativement prioriser « le bois d'œuvre, issu du tronc, tandis que seules les parties branchues peuvent être valorisées pour l'énergie ». Il a insisté sur le fait que les utilisateurs de biomasse forestière devront apporter la preuve qu'ils respectent cette hiérarchie dans l'exploitation du bois.

Cette logique d'exploitation tardive des arbres participe également, selon lui, à un stockage important de carbone. Aligné sur cette même hiérarchie d'usage, le préfet a confirmé l'obligation pour les opérateurs de s'engager dans cette démarche, avec des contrôles rigoureux à l'appui.

Mutualisation et gestion durable : des défis pour la forêt privée

Joëlle Gras, la sous-préfète, a souligné que « la forêt départementale privée, qui représente les deux tiers des surfaces, doit bénéficier au même titre que la forêt publique d'une gestion durable ». D'où, selon elle, la nécessité impérative d'une mutualisation des efforts et des ressources.

Face aux difficultés que rencontrent parfois les petits propriétaires privés, notamment pour la commercialisation du bois, une mutualisation public-privé pourrait s'avérer déterminante. Les Groupements d'intérêt économique et environnemental forestier (GIEEF), reconnus par l'État, incarnent un outil important de cette volonté d'agir collectivement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Dans cette optique, Alliance Forêts Bois, décrit par son directeur territorial Frédéric Laby comme « le pendant de l'ONF dans le domaine privé », s'affiche également comme un acteur majeur de cette dynamique de gestion durable et mutualisée.