Au nord de Bordeaux, Syklea ambitionne de révolutionner l'utilisation des microalgues pour transformer le dioxyde de carbone en carburant. L'entreprise collabore déjà avec un futur centre de données dans le New Jersey.
Une révolution par la culture de l'invisible
Dans un cadre bucolique, Pierre Calléja, fondateur de Syklea, expose sa vision : « La maison brûle et nous regardions ailleurs, disait Chirac. Désormais, nous démontrons que les grandes industries intégreront le CO2 dans leur cycle de production. Ce ne sera plus un déchet, mais une ressource, un gisement à exploiter grâce aux micro-organismes. »
30 % d'émissions en moins
Selon le scientifique, cette technologie pourrait réduire les émissions de CO2 de 30 %. Il affirme : « Dans dix ou quinze ans, il n'y aura plus d'émissions comme aujourd'hui. Les industries capteront et valoriseront le carbone. »
Syklea, basée à Saint-Sulpice-et-Cameyrac en Gironde, a inauguré son laboratoire en présence d'Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, et de plusieurs acteurs industriels et numériques.
Une technologie sans eau
La transformation du CO2 en carburant par les microalgues n'est pas nouvelle, mais le blocage résidait dans l'eau. Pierre Calléja explique : « Notre 'No water technology', brevetée en 2021, permet de réduire les coûts énergétiques et de se passer d'eau. »
Syklea, avec une quinzaine de collaborateurs, a réalisé près de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires l'an dernier. Sa technologie Alium transforme le CO2 en carburant : environ une tonne d'hydrocarbures pour trois tonnes de CO2.
Un projet pilote aux États-Unis
Dans le New Jersey, une unité de Syklea s'installe près de Vineland, où un data center géant (241 000 m²) est en construction. Charles-Antoine Beyney, PDG de DataOne, explique : « Nous n'avons pas trouvé d'équivalent dans le monde. »
Alain Rousset qualifie la région de « pilote sur ces technologies » et se dit fasciné par le parcours de Pierre Calléja, qu'il suit depuis vingt ans. Il rappelle néanmoins que cette innovation ne dispense pas de sortir du pétrole et du gaz, ni de changer nos comportements.



