Présenté comme une réponse au réchauffement climatique, le stockage de neige pour l'hiver suivant ne convainc pas les gestionnaires des stations azuréennes d'Isola, Auron ou encore Valberg. Cette technique, appelée snowfarming, consiste à stocker pendant l'été la neige de culture produite durant la saison froide pour la réutiliser l'année suivante. Venue des pays nordiques, elle est expérimentée dans certaines stations françaises comme Bessans en Savoie (1 750 m) ou Métabief (1 463 m) dans le Doubs, où les températures estivales sont plus fraîches. Bessans utilise des particules de bois pour recouvrir 28 000 m³ de neige et en conserver au moins 80 %, tandis que Métabief mise sur 14 000 m³ avec une bâche en polystyrène extrudé et un géotextile. Ces sites y voient une opportunité économique et touristique pour sécuriser le début de saison.
Une empreinte carbone non négligeable
Pourtant, l'empreinte carbone du snowfarming est loin d'être neutre. Dans les Alpes-Maritimes, aucune expérimentation n'est en cours et l'idée ne suscite pas l'enthousiasme. Jean-Christophe Desens, directeur d'Isola 2000 et Auron, explique : « Le stockage de la neige en fin d'hiver représente un investissement important associé à des coûts non négligeables. Cette technique fait débat car elle nécessite de déplacer des volumes de neige transportés au moyen de camions remorque. Cette neige doit par la suite être étalée au moyen des engins de damage. Il faut déployer des moyens considérables pour exploiter par exemple 10 000 m³ de neige. » Il ajoute que cette méthode est principalement utilisée pour les domaines nordiques sur des espaces plats en vue de compétitions, et que « compte tenu de la spécificité de nos sites, elle ne nous paraît pas être la solution de demain pour enneiger nos domaines skiables alpins. »
Pas de projet dans les Alpes du Sud
Sur le site nordique du Boréon dans la Vésubie, on confirme que le snowfarming n'est pas utilisé et a priori pas envisagé. Même constat à Valberg et sur le site nordique de Beuil. Mylène Agnelli, maire d'Isola et trésorière de l'Association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), souligne : « Il y en a très peu en France. Cela n'existe pas dans les Alpes du Sud. Cette technique demande énormément de travail et de moyens humains. » Ainsi, malgré les promesses, le snowfarming semble peu adapté aux stations azuréennes, qui privilégient d'autres solutions pour faire face au réchauffement climatique.



