Éoliennes flottantes en mer : une première mondiale en Occitanie pour 100 000 foyers
Éoliennes flottantes : 100 000 foyers alimentés en Occitanie

Les deux premiers parcs d'éoliennes flottantes en mer, situés au large de l'Aude et des Pyrénées-Orientales, fonctionnent depuis début mai et ont injecté leurs premiers électrons dans le réseau électrique. Cette réussite est le fruit de dix années d'expérimentation, avant une généralisation prévue en Méditerranée dans les dix prochaines années.

Une décennie de développement

L'aventure de l'éolien flottant en France atteint un tournant décisif en Occitanie. Les deux parcs expérimentaux, mis à l'eau depuis Port-la-Nouvelle, concrétisent enfin un projet lancé il y a dix ans par le gouvernement. Aujourd'hui, ils produisent de l'électricité décarbonée grâce au vent, une énergie gratuite et cruciale dans le contexte de crise pétrolière et de recherche d'indépendance énergétique.

« Faire flotter des éoliennes ? Il y a dix ans, on nous prenait pour des dingues », se réjouit Olivier Guiraud, directeur du projet EolMed. Ses trois géants d'acier, hauts de près de 200 mètres en bout de pale, sont installés à 15 km de Port-la-Nouvelle et de Gruissan. Les 2 et 3 mai, le parc a été testé à pleine capacité, soit 30 Mégawatts (3 fois 10 MW), suffisants pour alimenter 50 000 foyers, l'équivalent de la ville de Narbonne.

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Un record de puissance

« Nous avons battu le record de France et d'Europe de puissance installée pour une éolienne, qu'elle soit terrestre ou maritime », déclare Olivier Guiraud. Malgré le stress, aucun problème majeur n'est survenu : l'ancrage a tenu, et tout a fonctionné. D'ici mi-mai, l'exploitation commerciale débutera via RTE, pour une durée de vingt ans.

Le projet EFGL (Éoliennes Flottantes du Golfe du Lion), au large de Leucate et Port-Barcarès, a également finalisé la mise en service de ses trois éoliennes, produisant 30 MW pour 50 000 foyers supplémentaires. Porté par Ocean Wind et la Banque des Territoires, ce parc injecte ses premiers électrons décarbonés après des tests sur les câbles sous-marins.

Un soulagement après les défis

« Ça y est, nous injectons nos premiers électrons, c'est une grande fierté », réagit Jérémy de Barbarin, directeur du projet EFGL. Le chemin a été semé d'embûches : doutes sur la viabilité, retards dus au Covid, explosion des prix des matières premières après la guerre en Ukraine, et tempêtes récentes avec des vents jusqu'à 160 km/h. « Rien n'a bougé », assure-t-il.

Les projets ont aussi suscité des inquiétudes parmi les riverains pour l'impact visuel, les défenseurs de la biodiversité pour l'avifaune, et les pêcheurs pour l'occupation de l'espace maritime. Malgré tout, les actionnaires ont décidé d'investir dans les fermes commerciales dès 2022.

Un coût et un avenir prometteur

Le coût de chaque parc, entre 250 et 350 millions d'euros, a été en partie subventionné. L'électricité sera rachetée par l'État à un prix négocié, visant à stabiliser les prix et garantir une indépendance énergétique. À terme, le déploiement à grande échelle prévoit l'installation de 19 éoliennes flottantes supplémentaires d'ici 2030 (projet EFLO), produisant 250 MW pour près de 500 000 personnes. D'ici 2038, la Méditerranée pourrait accueillir 2 Gigawatts d'éolien flottant, soit l'équivalent de deux réacteurs nucléaires, alimentant 4 millions de personnes.

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