Les associations Que Choisir Ensemble (ex-UFC Que Choisir) et No plastic in My Sea ont publié un rapport dénonçant l'omniprésence du plastique dans les rayons des supermarchés. Elles pointent du doigt les efforts « insuffisants » du secteur et « l'écart persistant entre les engagements affichés et la réalité en rayon ».
Eaux et boissons en bouteille : les plus mauvaises élèves
Pendant tout le mois de février, les deux organisations ont inspecté les rayons de 1.659 magasins de onze enseignes (E.Leclerc, Carrefour, Intermarché, Coopérative U, Auchan, Lidl, Aldi, Monoprix, Biocoop, La vie Claire et Naturalia) dans 69 départements. Elles ont également soumis un questionnaire, auquel la plupart ont répondu « souvent » partiellement.
Le constat est sans appel : les eaux et boissons en bouteille, best-sellers des grandes surfaces, représentent « près de 40 % des plastiques à usage unique ». Malgré la loi Agec qui prévoit une réduction de 50 % des bouteilles plastiques d'ici 2030, les ventes d'eaux embouteillées ont augmenté de 3,3 % en 2025, selon les données de Circana. Les associations distinguent toutefois les magasins bio, « en avance », et les enseignes de hard discount, où la « transition » reste « à commencer ». Biocoop est la seule enseigne à avoir arrêté la vente d'eau en bouteille plastique.
Vente en vrac en net recul
Le rapport révèle que 60 % des fruits et légumes non bio (pommes de terre, oranges, pommes, carottes, tomates) sont vendus emballés dans les magasins traditionnels. Ce chiffre grimpe à 91 % pour leurs homologues bio, dont la moitié est sous plastique. Les ONG dénoncent également la « tendance émergente néfaste » des fruits et légumes frais prédécoupés.
Dans les magasins bio, 90 % des fruits et légumes sont encore vendus en vrac, mais ce type de vente affiche un « net recul ». Un décret de fin 2025 obligeant les commerces de plus de 400 m² à consacrer au moins 20 % de leur surface au vrac d'ici 2030 devrait toutefois inverser la tendance.
Demandes des associations et réactions des distributeurs
Les associations formulent plusieurs demandes : prioriser la réduction et le réemploi pour les rayons les plus plastiques, réduire l'emballage des fruits et légumes, abandonner les plastiques inutiles comme la « fraîche découpe », s'engager massivement dans le réemploi d'ici 2027, et développer la vente en vrac.
Philippe Joguet, directeur développement durable de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), insiste sur la nécessité de regarder « la tendance à la baisse » du plastique et les « efforts déployés » pour être au rendez-vous en 2030. La Coopérative U promet de poursuivre « ses efforts », tandis que Bertrand Swiderski, directeur RSE de Carrefour, souligne que 350 magasins sont équipés d'une machine de récupération des bouteilles plastique (1 à 2 centimes par bouteille) et que 450 magasins proposent un système de consigne pour le verre.



