Selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE), la facture publique liée au soutien des énergies renouvelables devrait dépasser 18 milliards d'euros en 2026 et 2027. Cette estimation, révélée dans un rapport publié le 20 mars 2025, marque une augmentation significative par rapport aux années précédentes.
Des coûts en forte hausse
En 2024, les charges de service public de l'énergie (CSPE) s'élevaient à environ 12 milliards d'euros. La CRE prévoit une progression rapide, avec un pic à 18,3 milliards d'euros en 2026, avant de redescendre légèrement à 18,1 milliards en 2027. Cette hausse s'explique principalement par le développement accéléré des capacités solaires et éoliennes, dont les contrats d'achat garantis (feed-in tariffs) sont indexés sur les prix de marché.
Les causes de l'explosion des coûts
Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, a déclaré : "Cette augmentation est due à la fois à l'augmentation des volumes d'électricité renouvelable subventionnés et à la baisse des prix de marché de l'électricité, qui accroît le montant de la compensation versée aux producteurs." En effet, lorsque les prix de marché sont bas, l'écart entre le prix garanti et le prix de marché se creuse, augmentant la charge pour les finances publiques.
Impact sur le consommateur et le budget de l'État
Ces coûts sont répercutés sur les consommateurs via la CSPE, une taxe incluse dans la facture d'électricité. En 2025, la CSPE est de 22,5 euros par mégawattheure (MWh), mais la CRE estime qu'elle pourrait atteindre 30 euros par MWh en 2026 si aucune mesure n'est prise. Le gouvernement envisage de plafonner la hausse, mais cela nécessiterait un financement par le budget de l'État. Selon le ministère de la Transition énergétique, "l'objectif est de maintenir la CSPE à un niveau supportable pour les ménages tout en poursuivant le développement des énergies renouvelables."
Des solutions pour maîtriser la facture
Pour limiter l'augmentation, la CRE propose plusieurs pistes : réviser les mécanismes de soutien pour les nouvelles installations, favoriser les contrats pour différence (CfD) plutôt que les tarifs d'achat fixes, et améliorer la prévision des prix de marché. Par ailleurs, le développement de l'éolien en mer, dont les coûts ont baissé, pourrait contribuer à réduire la facture à long terme.
Un enjeu pour la transition énergétique
Cette situation met en lumière le défi de financer la transition énergétique. La France s'est fixé pour objectif d'atteindre 40 % d'énergies renouvelables dans sa consommation d'électricité d'ici 2030. Cependant, le coût du soutien public interroge sur l'efficacité des mécanismes actuels. Un rapport de la Cour des comptes, attendu pour 2026, devrait évaluer l'impact de ces dépenses sur les finances publiques.
Réactions des acteurs du secteur
Les associations environnementales, comme le Syndicat des énergies renouvelables (SER), estiment que ces investissements sont nécessaires. "Il faut voir ces coûts comme un investissement pour l'avenir, car les énergies renouvelables réduiront notre dépendance aux énergies fossiles et stabiliseront les prix à long terme", a déclaré Jules Nyssen, président du SER. En revanche, les associations de consommateurs, telles que UFC-Que Choisir, s'inquiètent de l'impact sur le pouvoir d'achat. "La CSPE représente déjà une part importante de la facture, et une nouvelle hausse serait difficile à accepter pour les ménages", a commenté François Carlier, délégué général de UFC-Que Choisir.



