L'Automobile Club de Monaco électrifie le Grand Prix F1
Monaco Grand Prix : transition énergétique en coulisses

L'Automobile Club de Monaco change de moteur pour éclairer le week-end du Grand Prix F1 de Monaco. Alors que les Formule 1 continuent de faire rugir leurs moteurs dans les rues de la Principauté, les traditionnels groupes électrogènes cèdent progressivement leur place à d'imposants packs de batteries. Cette transition énergétique, menée par l'Automobile Club de Monaco, permet déjà de réduire le bruit, les émissions de CO₂ et la consommation de gazole sur l'un des événements sportifs les plus médiatisés au monde.

Une révolution silencieuse en coulisses

Depuis une dizaine d'années, le mythique tracé monégasque opère une révolution silencieuse en coulisses. Fini le vacarme permanent et les fortes émissions : l'Automobile Club de Monaco a pris la décision de réduire son impact carbone en remplaçant progressivement ses groupes électrogènes par des packs de batteries électriques. « La priorité est de répondre aux enjeux liés aux émissions de CO2 », explique Ronan Le Gallou, directeur technique des épreuves de l'ACM, qui vise également à réduire les nuisances sonores et à faire disparaître un matériel « visuellement pas très beau ».

Des batteries pour les zones névralgiques

Concrètement, il s'agit de volumineux blocs de stockage, comme de grosses batteries blanches. Sur le tracé, ces sources d'énergie propre sont déployées dans des zones névralgiques : le podium, la zone de diffusion télévisée et l'intérieur du fameux tunnel. Cette année, c'est l'entièreté du Quai Albert-1er qui était particulièrement ciblé. Désormais, ces batteries alimentent des équipements cruciaux de l'événement comme la totalité des stands du quai, les gourmandes couvertures chauffantes des pneus et l'appareillage télévisuel. Lors du E-Prix de cette année, ces mêmes batteries ont permis d'alimenter toutes les voitures électriques de la course. « On a enlevé plus d'une dizaine de groupes électrogènes qui étaient en fonction permanente depuis 3 ans », explique le directeur technique.

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Capacité énergétique et sécurité

Côté capacité énergétique, les systèmes varient : certains blocs fournissent 120 kW, d'autres batteries massives de 640 kW ont été testées à l'entrée des stands du GP Historique et de l'E-Prix. Ce week-end, ces batteries sont rechargées directement au courant. Si celui-ci saute, la batterie prend instantanément le relais. Au tunnel par exemple, cette autonomie sécurise l'éclairage pendant 3 heures complètes.

Des irréductibles groupes moteurs thermiques

Toutefois, certains groupes électrogènes thermiques subsistent. L'organisation les relègue désormais en simple back-up : ils restent éteints, munis de toutes petites cuves de gazole, prêts à intervenir uniquement en cas de panne de courant. L'indépendance n'est pas encore totale sur tout le site, s'il n'y a « aucun autre moyen d'avoir l'électricité ». Sur le quai Antoine-1er, une zone gérée directement par Formula One, 27 groupes électrogènes grondent encore pour alimenter certains paddocks.

Vers un Grand Prix sans moteur thermique externe ?

Alors, peut-on rêver d'un Grand Prix sans moteur thermique externe dans les années à venir ? Les équipes y croient. « Dans le meilleur des mondes, l'idéal serait d'avoir un poste de transformation permanent », confie Ronan Le Gallou, pour enfin s'affranchir de toute production d'électricité au gazole.

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