L'annonce d'un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis ouvre la voie à une baisse des prix à la pompe. Reste à savoir quand et à quel niveau ? Vice-président national et président région Sud des propriétaires exploitants de stations-service chez Mobilians, gérant d'une station-service Total à Fuveau dans les Bouches-du-Rhône, Stéphane Decome nous décrypte la situation.
Une baisse déjà amorcée
Le prix moyen du litre de gazole a reculé de près de 2 centimes, passant à 1,995 euros vendredi 12 juin, contre 2,014 la semaine précédente. C'est la première fois depuis début mars, peu après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, que le gazole passe sous cette barre symbolique.
Le cours du pétrole a chuté dès l'annonce de l'accord de paix entre l'Iran et les États-Unis. À partir de quand cette baisse va-t-elle se répercuter à la pompe pour les automobilistes et quel niveau de prix moyen peut-on espérer atteindre ?
Des baisses anticipées
Des baisses de prix ont déjà été observées, par anticipation, ce week-end dans les stations-service. Si l'accord se confirme, nous pouvons espérer un retour des prix d'avant-guerre. D'autant que les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont rouvert les stocks. Il y a donc des volumes présents face à une consommation moindre, ce qui peut vraiment laisser entrevoir une baisse significative.
Mais il faudra quelques semaines pour y parvenir. Puis il faut voir ce que va contenir cet accord. On entend aujourd'hui que des frais de péage pourraient s'appliquer dans le détroit d'Ormuz. Même s'ils ne sont pas très significatifs pour le consommateur, car très mesurés, ce sont tout de même des coûts logistiques qui peuvent être impactants.
Pourquoi une baisse du baril ne se répercute-t-elle pas proportionnellement ?
On communique beaucoup sur le prix du baril, mais il faut aussi tenir compte de la logistique, des coûts de raffinage des produits et de tous les coûts afférents. Le prix du baril peut être annoncé à 50 dollars demain, si les coûts logistiques sont multipliés par trois, la répercussion ne se fera pas de la même façon. Le plus important est de connaître le niveau du « platts », autrement dit la cotation de Rotterdam dont les distributeurs tiennent compte pour fixer les prix de vente.
Qui répercutera la baisse en premier ?
Le gouvernement a prévenu que « les baisses devront être aussi rapides que les hausses » l'ont été. La grande distribution, qui a une rotation des stocks plus rapide, va-t-elle répercuter cette baisse avant les exploitants indépendants, qui ont peut-être moins de marge de manœuvre ? Cette baisse est dans l'intérêt de tous. Car un prix haut implique une consommation moindre, nous l'avons vu sur les derniers chiffres du mois de mai. Par conséquent, nous avons tout intérêt à ce que les prix baissent le plus rapidement possible.
Mais une problématique va effectivement se poser entre les grosses stations, qui ont en effet une rotation plus importante, et les petites stations qui ont moins de volume de vente et mettront donc un peu plus de temps à répercuter cette baisse. Le risque est qu'il y ait, et ce sera visible à un moment donné, un fort écart de prix entre certaines stations, en fonction des approvisionnements.
Une guerre des prix relancée ?
La guerre des prix a toujours existé mais au final, c'est toujours le consommateur qui gagne. Aujourd'hui, en France, nous avons la chance d'avoir un maillage territorial de stations-service suffisamment important, avec les grandes surfaces, de grosses stations, des indépendants… Et tout cela tire les prix vers le bas.
Des disparités régionales ?
Il y a des différences de cotations entre le Nord et le Sud de la France, mais c'est assez marginal et de façon générale nous serons tous impactés de la même façon. Et le plus rapidement, espérons-le.



