Cuba dénonce un « blocus énergétique génocidaire » après des coupures de 20 heures
Cuba dénonce un blocus énergétique après des coupures

Cuba accuse les États-Unis de provoquer une crise électrique sans précédent

Le président cubain Miguel Diaz-Canel a dénoncé ce mercredi 13 mai 2026 ce qu'il qualifie de « blocus énergétique génocidaire » imposé par les États-Unis, alors que l'île subit des coupures d'électricité dépassant 20 heures par jour dans la capitale, La Havane. Dans un communiqué officiel, le gouvernement cubain attribue l'« aggravation dramatique » de la situation énergétique aux choix de l'administration américaine, en particulier ceux de l'ancien président Donald Trump.

Une offre d'aide américaine sous conditions

Washington a renouvelé une offre d'aide financière de 100 millions de dollars, mais à condition que celle-ci soit distribuée par l'Église catholique. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, dont les parents sont d'origine cubaine, avait initialement proposé cette aide lors d'une visite au Vatican, affirmant que Cuba l'avait rejetée. Le gouvernement cubain dément catégoriquement cette affirmation. Les tensions diplomatiques entre les deux pays se sont intensifiées ces dernières semaines, malgré des pourparlers et une réunion diplomatique de haut niveau tenue le 10 avril à La Havane.

La crise énergétique s'aggrave

Depuis plusieurs jours, le réseau électrique cubain est à nouveau critique. Selon des chiffres officiels compilés par l'AFP, 65 % du territoire a subi des coupures simultanées mardi. À La Havane, les coupures dépassent 20 heures par jour, et dans les provinces, les pannes s'étendent sur des journées entières. La plupart des Cubains passent plus de temps sans électricité qu'avec. Le ministre de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a précisé que depuis fin janvier, un seul pétrolier russe a été autorisé à accoster avec 100 000 tonnes de brut, mais ces réserves sont désormais épuisées. « La situation est très tendue, la chaleur continue d'augmenter, l'effet du blocus nous fait vraiment beaucoup de mal et nous ne recevons toujours pas de carburant », a-t-il déclaré sur la télévision d'État.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Protestations et mécontentement populaire

Mercredi, quelques dizaines de personnes, dont certaines tapaient sur des casseroles, ont protesté contre les délestages à San Miguel del Padron, un quartier périphérique de La Havane. Dans la soirée, des habitants de plusieurs quartiers de la capitale ont également exprimé leur lassitude en tapant sur des casseroles, criant « Mettez-nous la lumière ! » à Playa, un quartier de l'ouest de la capitale.

Contexte de tensions bilatérales

Depuis la chute du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de La Havane capturé par les forces américaines début janvier, Washington applique une politique de pression maximale sur l'île, déjà soumise à un embargo depuis plus de six décennies. Donald Trump a signé fin janvier un décret stipulant que Cuba représente une « menace extraordinaire » pour les États-Unis, menaçant de représailles tout pays fournissant du pétrole à La Havane. Le président cubain Miguel Diaz-Canel a dénoncé sur X que « cette aggravation dramatique a une seule cause : le blocus énergétique génocidaire auquel les États-Unis soumettent notre pays ».

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale