Le premier ministre canadien, Mark Carney, a vivement critiqué jeudi 21 août la décision de Donald Trump d'imposer des droits de douane supplémentaires sur les produits canadiens, qualifiant cette action de « guerre commerciale » injustifiée. Lors d'une conférence de presse à Ottawa, Carney a annoncé que le Canada riposterait avec des mesures de représailles ciblées, tout en promettant un soutien financier aux entreprises et aux travailleurs touchés.
Une escalade dans les relations bilatérales
Cette annonce fait suite à l'application, depuis le 1er août, de droits de douane de 25 % sur l'acier et l'aluminium canadiens, puis à l'extension de ces mesures à d'autres secteurs, notamment l'automobile et le bois d'œuvre. Selon les données du gouvernement canadien, ces taxes pourraient affecter près de 38 milliards de dollars canadiens d'exportations annuelles. « Ces mesures sont injustes et nuisent à des deux côtés de la frontière », a déclaré Carney, citant des études économiques montrant que les consommateurs américains supporteraient également le coût de ces tarifs.
Des représailles ciblées et un plan de soutien
Le gouvernement canadien prévoit de publier, d'ici la fin du mois, une liste détaillée de produits américains soumis à des droits de douane de rétorsion, allant des produits agricoles aux biens de consommation. En parallèle, un fonds d'urgence de 2 milliards de dollars canadiens sera débloqué pour soutenir les industries les plus exposées, comme l'automobile en Ontario et l'aérospatiale au Québec. « Nous ne laisserons personne derrière », a insisté Carney, en soulignant que des consultations avec les provinces et les syndicats sont en cours.
Un appel à la solidarité internationale
Mark Carney a également appelé ses partenaires commerciaux, notamment l'Union européenne et le Mexique, à coordonner leurs réponses face à ce qu'il a qualifié de « défi sans précédent pour le commerce mondial ». Il a rappelé que le Canada est membre de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et a demandé la mise en place d'un mécanisme de règlement des différends. « Nous devons défendre nos intérêts et nos valeurs », a-t-il conclu, alors que les prochaines élections fédérales sont prévues dans moins d'un an.



