Le géant pétrolier britannique BP traverse une période de turbulences sans précédent. Son président, Helge Lund, a été débarqué lors de l'assemblée générale annuelle, marquant un tournant dans l'histoire de l'entreprise. Cette décision fait suite à l'échec retentissant de sa stratégie de transition vers les énergies renouvelables, qui a provoqué une chute de 40 % du cours de l'action en deux ans.
Un virage vert controversé
Lancé en 2020, le plan de BP visait à réduire sa production de pétrole et de gaz de 40 % d'ici 2030, tout en investissant massivement dans les énergies propres. Mais face à la flambée des prix de l'énergie et aux pressions des actionnaires, le groupe a dû faire marche arrière. En 2023, BP a annoncé un ralentissement de ses objectifs climatiques, suscitant la colère des investisseurs et des ONG environnementales.
« Ce revirement a semé la confusion et érodé la confiance des marchés », explique un analyste financier. « Les actionnaires ont estimé que la direction avait perdu le cap. »
Une gouvernance fragilisée
L'éviction d'Helge Lund, en poste depuis 2019, est le symptôme d'une crise de gouvernance plus profonde. Le directeur général, Bernard Looney, a également été critiqué pour sa gestion. Selon des sources internes, le conseil d'administration était divisé sur la stratégie à adopter, entre maintien du cap vert et retour aux fondamentaux pétroliers.
La pression des actionnaires activistes, menés par le fonds américain Elliott Management, a été déterminante. Ils réclament un recentrage sur les activités les plus rentables, à savoir le pétrole et le gaz, et une redistribution accrue des bénéfices.
Quel avenir pour BP ?
L'avenir de BP reste incertain. Le nouveau président, dont le nom n'a pas encore été divulgué, devra rétablir la confiance et définir une feuille de route claire. Plusieurs scénarios sont possibles : un retour en force sur les énergies fossiles, une accélération de la transition verte, ou une scission de l'entreprise entre ses activités traditionnelles et renouvelables.
Ce cas illustre les difficultés des majors pétrolières à concilier rentabilité à court terme et impératifs climatiques. Alors que les critiques fusent de toutes parts, BP est à la croisée des chemins.



