Les grandes banques françaises ont considérablement réduit leur soutien aux énergies fossiles en 2025, selon un rapport publié mardi par l'ONG Les Amis de la Terre. Le montant total des financements accordés aux projets pétroliers, gaziers et charbonniers a chuté de 20% par rapport à l'année précédente, atteignant 15 milliards d'euros. Cette baisse s'inscrit dans un mouvement plus large de désengagement des institutions financières françaises des énergies fossiles, sous la pression des régulateurs et de la société civile.
Une baisse significative mais insuffisante
Le rapport souligne que cette réduction est la plus importante jamais enregistrée. Les banques françaises, notamment BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale, ont toutes annoncé des politiques plus restrictives en matière de financement des énergies fossiles. BNP Paribas a par exemple cessé tout nouveau financement de projets pétroliers et gaziers non conventionnels, tandis que Crédit Agricole a renforcé ses critères d'exclusion pour le charbon.
Cependant, les ONG estiment que ces efforts restent insuffisants. « Les banques françaises continuent de financer des entreprises qui développent de nouveaux projets fossiles, en contradiction avec les objectifs de l'Accord de Paris », a déclaré un porte-parole des Amis de la Terre. Selon le rapport, les financements accordés aux entreprises du secteur pétrolier et gazier ont augmenté de 5% en 2025, malgré la baisse globale.
Les pressions réglementaires s'intensifient
Cette évolution intervient dans un contexte de durcissement des réglementations. La Banque centrale européenne (BCE) a récemment appelé les banques à réduire leur exposition aux risques climatiques. En France, la loi climat et résilience de 2021 impose aux institutions financières de publier leurs émissions de gaz à effet de serre et de définir des trajectoires de réduction.
Par ailleurs, la société civile se mobilise de plus en plus. Des actions de désobéissance civile ont eu lieu devant les sièges des grandes banques, et des campagnes de désinvestissement gagnent du terrain. « Les banques doivent comprendre que financer les énergies fossiles, c'est financer la destruction de notre avenir », a déclaré un activiste.
Des disparités entre les banques
Le rapport met en lumière des disparités importantes entre les établissements. BNP Paribas, souvent critiquée pour son rôle dans le financement du pétrole et du gaz, a enregistré la plus forte baisse, avec une réduction de 30% de ses financements fossiles. Société Générale a réduit de 15%, tandis que Crédit Agricole a diminué de 10%.
En revanche, certaines banques mutualistes et régionales ont augmenté leurs financements, ce qui a tempéré la baisse globale. « Il est essentiel que toutes les banques s'engagent dans la même direction », a souligné le rapport.
Vers une sortie complète des énergies fossiles ?
Les banques françaises s'engagent-elles vers une sortie complète des énergies fossiles ? Pour l'instant, aucune ne s'est fixée d'objectif de sortie totale. Toutefois, sous la pression des régulateurs et des actionnaires, elles pourraient être contraintes d'accélérer le mouvement. La BCE a d'ailleurs prévu de mener des tests de résistance climatique en 2026, ce qui pourrait contraindre les banques à revoir leurs portefeuilles.
En attendant, les ONG appellent à une régulation plus stricte. « Nous demandons au gouvernement français d'interdire tout nouveau financement de projets fossiles d'ici 2027 », a déclaré un porte-parole des Amis de la Terre.
Cette évolution des banques françaises s'inscrit dans une tendance mondiale. Selon une étude de BloombergNEF, les financements mondiaux des énergies fossiles ont baissé de 10% en 2025, mais restent encore trop élevés pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Les banques françaises, bien qu'en progrès, doivent encore faire davantage pour aligner leurs activités sur les objectifs climatiques.



