Pascal Caton : croque-mort droit dans ses pompes
Pascal Caton : croque-mort droit dans ses pompes

Pascal Caton, 52 ans, est thanatopracteur depuis trois décennies. Il a fondé sa propre entreprise de pompes funèbres à Montpellier, proposant des cercueils en carton ou en osier, et des cérémonies sur mesure. Son mot d'ordre : « redonner de l'humanité à la mort ».

Un parcours atypique

Après des études de droit, Pascal Caton se tourne vers la thanatopraxie, l'art de conserver les corps. « Je voulais un métier utile, où je peux aider les familles », confie-t-il. Il se forme à Lyon et obtient son diplôme en 1995. « À l'époque, la thanatopraxie était encore mal vue. On me prenait pour un marginal », se souvient-il.

En 2000, il ouvre son propre funérarium à Montpellier. Très vite, il se démarque par son approche innovante. « Les familles voulaient des enterrements plus personnels, moins standardisés. J'ai commencé à proposer des cercueils en carton, peints par les proches, ou en osier, plus écologiques », explique-t-il.

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Des funérailles écologiques

Pascal Caton est un précurseur des funérailles vertes. « Les cercueils en bois exotique, c'est un désastre écologique. Le carton et l'osier se décomposent en quelques mois », souligne-t-il. Il propose également des urnes biodégradables pour les cendres, en sel ou en sable. « On peut les jeter dans la mer ou les enterrer au pied d'un arbre », précise-t-il.

Selon une étude de l'Institut national de la statistique, 30 % des Français souhaiteraient des funérailles écologiques, mais seulement 5 % y ont recours. « Il y a un décalage entre l'intention et l'offre. Les grandes entreprises funéraires ne veulent pas changer », déplore Caton.

Des cérémonies personnalisées

Au-delà de l'écologie, Caton mise sur la personnalisation. « Chaque vie est unique, la cérémonie doit l'être aussi », affirme-t-il. Il organise des enterrements avec des musiciens, des projections de photos, ou même des lâchers de ballons. « Une famille m'a demandé de faire venir un camion de pizza, car le défunt adorait ça. J'ai dit oui », raconte-t-il en souriant.

Il facture ses services entre 1 500 et 3 000 euros, contre 3 500 à 5 000 euros pour des funérailles classiques. « Je ne cherche pas à faire du profit sur la mort. Mon métier, c'est d'accompagner », insiste-t-il.

Un combat contre les idées reçues

Pascal Caton doit souvent faire face aux préjugés. « Les gens pensent que je suis un croque-mort sinistre. En réalité, je suis un artisan de la dernière demeure », plaisante-t-il. Il milite pour une mort plus digne, moins médicalisée. « On cache la mort, on la rend aseptisée. Moi, je veux qu'elle retrouve sa place dans la vie », déclare-t-il.

Il participe régulièrement à des salons funéraires et donne des conférences. « Il faut briser le tabou. Parler de la mort, c'est parler de la vie », conclut-il.

Un avenir incertain

Malgré son succès, Caton s'inquiète pour l'avenir. « Les grandes sociétés funéraires rachètent tout. Les indépendants comme moi sont menacés », confie-t-il. Il espère que les mentalités évolueront. « Les jeunes générations sont plus ouvertes. Elles veulent des funérailles qui leur ressemblent. C'est de bon augure », dit-il.

En attendant, il continue d'exercer son métier avec passion. « Chaque mort est une leçon de vie. Je ne changerais pour rien au monde », conclut Pascal Caton.

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