Alors qu'une vague de chaleur exceptionnelle s'abat sur la région Île-de-France, les usagers des transports en commun sont de plus en plus nombreux à délaisser le métro, les bus et le RER. En cause : l'absence ou l'insuffisance de climatisation dans ces véhicules, rendant les trajets particulièrement éprouvants lors des pics de température.
Des conditions de voyage difficiles
Les témoignages se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias. "C'est invivable, on étouffe dans les rames", témoigne Julie, 32 ans, qui emprunte quotidiennement la ligne 13 du métro. "Même avec les fenêtres ouvertes, l'air est irrespirable. J'ai changé mon trajet pour prendre le vélo électrique."
Selon une enquête de la région Île-de-France, près de 70 % des voyageurs jugent la chaleur insupportable dans les transports en commun pendant les épisodes caniculaires. Les lignes de métro les plus anciennes, notamment les lignes 4, 7 et 13, sont particulièrement pointées du doigt.
Des infrastructures vieillissantes
La vétusté des infrastructures explique en grande partie cette situation. De nombreuses rames de métro et de RER, mises en service dans les années 1970 et 1980, n'ont jamais été équipées de systèmes de climatisation performants. Les bus, quant à eux, sont souvent climatisés, mais les arrêts fréquents et les portes qui s'ouvrent réduisent l'efficacité du refroidissement.
La RATP et la SNCF, les opérateurs de transport, reconnaissent les difficultés. "Nous travaillons à l'installation de climatisation dans les nouvelles rames, mais le renouvellement du parc est un processus long et coûteux", explique un porte-parole de la RATP. D'ici 2030, seules 60 % des rames de métro devraient être climatisées.
Des alternatives privilégiées
Face à cette situation, de nombreux Franciliens optent pour d'autres modes de déplacement. La pratique du vélo a bondi de 25 % par rapport à l'été précédent, selon les données de la mairie de Paris. Les trottinettes électriques et les services d'autopartage sont également en forte demande.
"Je ne supporte plus le métro l'été. Je prends désormais mon vélo pour aller au travail, même si cela me prend plus de temps", confie Marc, 45 ans, cadre dans le 8e arrondissement. Les transports en commun sont également délaissés pour les trajets de loisirs, au profit de la marche ou du covoiturage.
Des mesures d'urgence insuffisantes
La région Île-de-France a mis en place des mesures d'urgence, comme la distribution d'eau gratuite dans les gares et l'ouverture de salles climatisées dans certaines stations. Cependant, ces initiatives semblent insuffisantes pour endiguer la défection des usagers.
Les associations d'usagers réclament des investissements massifs dans la modernisation des transports. "Il est inacceptable que les Franciliens subissent des conditions de transport indignes en plein XXIe siècle", dénonce Jean-Michel, président de l'Association des usagers des transports d'Île-de-France. "Nous demandons un plan d'urgence pour la climatisation de tous les réseaux."
La canicule actuelle, qui devrait durer encore plusieurs jours, risque d'aggraver la situation. Les prévisions météorologiques annoncent des températures dépassant les 40 degrés Celsius dans la capitale. Les autorités appellent à la vigilance et recommandent de limiter les déplacements non essentiels.



