À Polytechnique, des étudiants perturbent la remise des diplômes pour dénoncer l'emprise des entreprises privées
Polytechnique : étudiants perturbent remise des diplômes

Une trentaine d'étudiants de l'École polytechnique ont perturbé, vendredi 12 juin, la cérémonie de remise des diplômes de la promotion 2025, dénonçant l'emprise de certaines entreprises privées sur l'établissement. Vêtus de blouses blanches, ils ont déployé une banderole sur laquelle était inscrit : « Polytechnique n'est pas à vendre ». L'action a duré une dizaine de minutes, avant que les étudiants ne soient évacués par le service de sécurité.

Un mouvement de contestation inédit

Ce geste, inédit dans l'histoire de l'école, a été revendiqué par un collectif d'élèves qui s'oppose à la privatisation rampante de l'enseignement supérieur. Dans un communiqué, ils affirment que « Polytechnique, historiquement un service public, est de plus en plus inféodée aux intérêts de grands groupes, notamment dans le secteur de la défense et de la technologie ».

Le collectif dénonce notamment les partenariats de l'école avec des entreprises comme Thales, TotalEnergies ou Google, qui, selon eux, « orientent les recherches et les carrières des étudiants au détriment de l'intérêt général ». Ils pointent également du doigt la présence de ces entreprises dans les jurys de recrutement et dans la gouvernance de l'école.

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Une réaction partagée

La direction de l'École polytechnique a condamné « fermement cette perturbation qui a entaché la cérémonie de remise des diplômes, un moment solennel pour les étudiants et leurs familles ». Elle a précisé que des sanctions disciplinaires pourraient être prises à l'encontre des participants.

Cependant, certains enseignants et anciens élèves ont exprimé leur soutien au mouvement. François Dupont, professeur de philosophie à Polytechnique, estime que « cette action est le symptôme d'un malaise plus profond chez les étudiants, qui s'inquiètent de la marchandisation de la connaissance ».

De leur côté, les étudiants perturbateurs affirment ne pas regretter leur geste : « Nous voulons alerter sur le fait que notre école, qui forme les futurs dirigeants du pays, est en train de perdre son âme. Nous ne voulons pas être des soldats du capital », explique Marie Lefèvre, porte-parole du collectif.

Un débat plus large sur l'enseignement supérieur

Cet incident relance le débat sur la place des entreprises privées dans les grandes écoles françaises. Plusieurs syndicats étudiants ont appelé à une réflexion nationale sur le sujet, tandis que le ministère de l'Enseignement supérieur a indiqué suivre la situation de près.

Pour l'heure, la direction de Polytechnique n'a pas souhaité commenter davantage, mais une réunion est prévue la semaine prochaine avec les représentants étudiants pour discuter des revendications.

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