Attentat de Nice : où est la mémoire de la ville ?
Attentat de Nice : où est la mémoire de la ville ?

Dix ans. Le 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais, un camion de 19 tonnes a foncé sur une foule venue admirer le feu d’artifice. Un carnage. Quatre-vingt-six morts, dont quinze enfants et adolescents. Des centaines de blessés à vie, des milliers de traumatisés, une reconstruction physique et psychologique qui n’en finit pas. Un soir de fête nationale devenu un soir de deuil pour tout le pays. J’étais Premier ministre. Je n’ai rien oublié, ni les visages, ni les cris, ni la colère. Et pourtant une question me poursuit. Où est la mémoire de Nice ?

Un devoir de mémoire inachevé

Alors que la France commémore régulièrement les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan ou de l'Hyper Cacher, Nice semble dépourvue de lieu de mémoire dédié. Les familles des victimes réclament depuis des années un mémorial digne de ce nom, mais les projets peinent à se concrétiser. Selon une association de victimes, aucun espace permanent n'a encore été inauguré sur la promenade des Anglais ou à proximité.

Des promesses non tenues

En 2016, le maire de Nice, Christian Estrosi, avait annoncé la création d'un mémorial. Mais en 2026, toujours rien. Les familles dénoncent un manque de volonté politique et des lenteurs administratives. Un projet de jardin du souvenir, évoqué en 2021, n'a jamais vu le jour. Selon plusieurs témoignages, les victimes et leurs proches se sentent abandonnés par les pouvoirs publics.

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Un traumatisme toujours vif

Pour les survivants, chaque 14 juillet ravive les souvenirs. La promenade des Anglais, lieu de joie et de fête, reste marquée par la tragédie. Les blessés physiques et psychologiques continuent de souffrir, avec un accès aux soins parfois insuffisant. Selon un rapport de l'Association d'aide aux victimes de l'attentat de Nice, plus de 60 % des rescapés présentent encore des symptômes de stress post-traumatique dix ans après.

Un appel à la mobilisation

L'ancien Premier ministre lance un appel aux autorités locales et nationales pour accélérer la création d'un lieu de mémoire. Il insiste sur la nécessité de ne pas oublier les 86 victimes et de rendre hommage à leur souffrance. « La mémoire est un devoir, pas une option », écrit-il. Les familles espèrent que cette prise de parole relancera le débat et aboutira enfin à un projet concret.

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