Tchernobyl : 40 ans après, la désinformation nucléaire en question
Tchernobyl : 40 ans après, la désinformation nucléaire

Un combat contre la désinformation nucléaire

En 2018, l'ingénieure Myrto Tripathi a fondé l'association Les Voix du nucléaire pour lutter contre la désinformation galopante autour de l'énergie atomique. À l'occasion du quarantième anniversaire de l'accident de Tchernobyl, survenu le 26 avril 1986, elle revient pour L'Express sur le coût invraisemblable induit par la peur de l'atome. Santé, économie, géopolitique, climat... La longue traversée du désert imposée à la filière pendant plusieurs décennies a eu bien plus de conséquences négatives qu'on ne le pense. Le pire, c'est qu'aujourd'hui encore, de nombreuses idées fausses circulent au sujet des accidents nucléaires passés. Et si, quarante ans après Tchernobyl, l'autre catastrophe était la désinformation ?

Les effets en cascade de la désinformation

L'Express interroge Myrto Tripathi sur un rapport récent qu'elle a rédigé, où elle insiste sur l'autre versant de la catastrophe de Tchernobyl : celui de la désinformation. Selon elle, lorsque la désinformation scientifique et technique s'invite dans les politiques publiques, cela crée des effets en cascade, avec des impacts qui touchent tout le monde, et pour longtemps. En regardant la manière dont le nucléaire a été traité à l'échelle mondiale depuis l'accident de Tchernobyl il y a quarante ans, on se rend compte qu'on aurait pu décarboner beaucoup plus de systèmes électriques et bien plus en profondeur.

Des opportunités manquées

Myrto Tripathi souligne que si d'autres pays avaient suivi le chemin pris par la France en construisant leur propre parc de centrales, les réacteurs de troisième génération, plus évolués que ceux qui constituent encore l'essentiel du parc tricolore, seraient peut-être déjà en service. De plus, nous n'aurions pas, en 1997, stoppé bêtement le projet Superphénix qui fournissait une avance technologique considérable à la France sur la quatrième génération de réacteurs, faisant du nucléaire une énergie quasi circulaire.

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Conséquences géopolitiques et climatiques

Par la même occasion, on aurait beaucoup moins financé des États prédateurs fournisseurs d'hydrocarbures comme la Russie, le Venezuela ou l'Iran. La désinformation a donc non seulement freiné le développement d'une énergie propre, mais a également renforcé la dépendance aux énergies fossiles, avec des répercussions géopolitiques et climatiques majeures.

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