Face à la canicule : le RN dévoile un plan climatisation controversé
RN : plan climatisation controversé face à la canicule

Alors que la France subit une vague de chaleur intense, le Rassemblement national (RN) a présenté un plan ambitieux visant à généraliser la climatisation dans les logements, les écoles et les bâtiments publics. Cette proposition, dévoilée par le député RN Jean-Philippe Tanguy, prévoit un investissement de 5 milliards d'euros sur cinq ans pour installer des systèmes de climatisation dans 3 millions de foyers et 50 000 bâtiments publics.

Un plan critiqué pour son empreinte écologique

Le plan du RN est vivement critiqué par les associations environnementales, qui soulignent que la climatisation massive aggraverait le réchauffement climatique en augmentant la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Selon Greenpeace France, une généralisation de la climatisation pourrait accroître la demande électrique de 20 % lors des pics de chaleur, ce qui nécessiterait de nouvelles centrales au gaz ou au charbon.

« Ce plan est une fuite en avant technologique qui ne résout rien à long terme », a déclaré Anne Bringault, directrice des programmes chez Réseau Action Climat. « Il faut plutôt investir dans l'isolation des bâtiments, les protections solaires et la végétalisation des villes. »

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Le RN défend une solution pragmatique

De son côté, le RN justifie son plan par l'urgence sanitaire. « Face aux 1 500 décès liés à la canicule en 2023, nous ne pouvons pas nous permettre de dogmatisme écologique », a affirmé Jean-Philippe Tanguy lors d'une conférence de presse. Le parti propose d'utiliser des climatiseurs réversibles à haute efficacité énergétique, avec un objectif de réduction de 30 % de la consommation électrique par rapport aux modèles actuels.

Le RN prévoit également un crédit d'impôt de 50 % pour les ménages, plafonné à 4 000 euros, et un fonds de 1 milliard d'euros pour les collectivités locales. Le plan serait financé par une taxe sur les superprofits des entreprises énergétiques.

Un débat qui divise la classe politique

La proposition du RN a provoqué des réactions contrastées. La ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a qualifié le plan de « dangereux et irresponsable », rappelant que la France s'est engagée à réduire ses émissions de 55 % d'ici 2030. « Installer des climatiseurs sans améliorer l'isolation, c'est comme arroser un jardin avec un tuyau percé », a-t-elle ironisé.

En revanche, le maire LR de Nice, Christian Estrosi, a salué une « approche réaliste », tandis que la députée LFI Clémence Guetté a dénoncé un « cadeau aux industriels du climatiseur ». Le débat promet d'être vif à l'Assemblée nationale, où le RN espère faire adopter son texte avant la fin de la session.

Quelles alternatives face à la canicule ?

Les experts appellent à privilégier des solutions passives : isolation thermique, toitures végétalisées, stores extérieurs, et rafraîchissement par géothermie. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), ces mesures pourraient réduire de 60 % les besoins en climatisation d'ici 2050. Le plan du RN, lui, mise sur une solution active qui pourrait, selon ses détracteurs, créer un cercle vicieux : plus il fait chaud, plus on climatise, plus il fait chaud.

Alors que le mercure dépasse les 40 °C dans plusieurs régions, le gouvernement prépare de son côté un plan de rénovation thermique des bâtiments, doté de 7 milliards d'euros, mais dont les effets ne se feront sentir qu'à moyen terme.

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