L'ingrédient magique pour sauver la planète et assurer le bien-être de tous réside dans une transformation profonde de notre société. C'est ce qu'affirme un rapport publié jeudi par le World Inequality Lab, un laboratoire d'économie rattaché principalement à l'École d'économie de Paris. Selon ce document, il serait possible de concilier l'habitabilité de la Terre et le bien-être pour tous, à condition d'opérer des changements radicaux.
Une transformation en profondeur
Ce rapport, intitulé « Global Justice Report, un plan pour l'égalité et la prospérité dans le cadre des limites planétaires », estime que cette transformation doit reposer sur une décarbonation rapide des systèmes énergétiques, un virage crucial vers la sobriété, ainsi qu'une réduction drastique des inégalités de revenus, de richesses et de pouvoir. Le document, rédigé par un collectif international de chercheurs, se présente comme une première tentative de proposer un plan entièrement chiffré allant dans cette direction.
L'égalité au cœur du projet
L'économiste Thomas Piketty, qui a participé à la coordination du rapport, souhaite que ce travail permette de remettre la question de la sobriété et des inégalités au centre des futures discussions sur le climat. D'après les conclusions du rapport, il est possible de réduire le temps de travail, d'atteindre l'égalité homme-femme (avec un temps de travail économique et domestique identique et une paie moyenne égale) et une égalité des revenus au niveau mondial d'ici 2100, tout en respectant les limites planétaires, ces seuils environnementaux à ne pas dépasser pour assurer la vie humaine sur Terre.
Revenu universel et impôt mondial
Le rapport propose d'aller vers une convergence des revenus de tous les pays d'ici 2100 à un niveau équivalent à celui des pays riches aujourd'hui, soit un revenu mensuel moyen de 5 000 euros par habitant. Pour financer ce projet, un impôt mondial sur les revenus et les richesses serait instauré, abondant un fonds destiné à financer la transition écologique et une augmentation massive des dépenses de santé et d'éducation. Ces fonds seraient attribués à chaque pays en fonction de sa population.
Une gouvernance démocratique
Ce fonds serait administré démocratiquement, selon des règles de démocratie et de transparence strictes, en nette contradiction avec le système ploutocrate actuel du FMI et de la Banque mondiale, précise le rapport. Thomas Piketty, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l'École d'économie de Paris, a détaillé ces propositions dans un entretien au « 1 Hebdo » mardi.



