Pénurie de blanc de Meudon : la poudre miracle contre la canicule
Pénurie de blanc de Meudon, la poudre anti-canicule

Vous avez forcément déjà vu sa couleur. Utilisé pour faire briller les argenteries et les miroirs, le blanc de Meudon est plus souvent repérable lorsqu’il est apposé sur les vitrines des commerces qui changent de propriétaire. Depuis quelques jours, cette poudre blanche que l’on mélange à de l’eau est devenue l’un des produits les plus recherchés de France, auprès d’une population en quête désespérée de solution pour se protéger de la canicule.

Appliqué sur les vitres, ce produit naturel, facile à poser et qui se lave à l’eau permet de réduire le rayonnement solaire et de faire baisser la température de plusieurs degrés à l’intérieur d’une pièce. En quelques jours, les vidéos tutos consacrées au blanc de Meudon postées sur les réseaux sociaux ont cartonné. Au point que de nombreux magasins sont aujourd’hui en rupture de stock. Explications.

Une poudre de craie aux vertus rafraîchissantes

C’est une simple poudre de craie. Longtemps extrait des carrières des Hauts-de-Seine d’où il tire son nom, le fameux blanc de Meudon est utilisé depuis bien longtemps par les maraîchers souhaitant protéger leurs serres de la chaleur. Face aux températures bouillantes qui frappent une très grande partie de la France, cette astuce « do-it-yourself » est devenue très populaire. « Ça bloque 80 à 90 % du rayonnement solaire. Donc forcément, ça permet de limiter la chaleur qui rentre », assure Pascal Lenormand.

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Une bonne astuce pour les Velux

Le designer énergétique de l’entreprise Incub fait partie de ceux qui vantent les qualités de cette poudre depuis des années. « Attention, ce n’est pas une solution à tout. Ça reste moins efficace que de fermer les volets par exemple. Mais quand on n’a pas de volet, c’est vraiment efficace », poursuit le spécialiste. Le blanc de Meudon se révèle très utile pour protéger les fenêtres de toit de type Velux qui ne sont pas dotées de volets ou de filtre. Des différences de trois à sept degrés peuvent être constatées selon la configuration des pièces.

Composée à 98 % de carbonate de calcium associé à un peu d’argile, la poudre blanche se tartine avec un pinceau, une éponge ou un rouleau. Ce qui en fait son succès, c’est surtout son prix. Proposé autour de 5 euros le kilo, le blanc de Meudon est généralement très prisé des collectivités qui tentent de protéger leurs écoles ou bâtiments communaux. « J’ai fait toutes les fenêtres qui n’ont pas de store comme les halls d’accueil des écoles. Au toucher, derrière la vitre, on sent vraiment la différence », témoigne Marion Denduyver.

Des ruptures de stock qui interrogent

Depuis quelques jours, la responsable énergie de Porte-de-Savoie est sollicitée de partout pour venir « peindre » les vitres de cette commune proche de Chambéry. « Nos écoles ne sont pas des passoires thermiques. Mais quand on subit de telles chaleurs, on a déjà eu plus de 32 degrés dans les classes. On a installé des films solaires mais ça a un coût plus élevé et en hiver, ça perd son intérêt. Avec le blanc de Meudon, on peut agir rapidement pour passer les pics. On peut aussi en parler avec les enfants, ça a une valeur pédagogique », poursuit Marion Denduyver. « C’est inoffensif et très simple à appliquer. On peut même le faire avec les enfants ! », assure Pascal Lenormand.

Dans la commune de Porte-de-Savoie, les vitres de l'école ont été recouvertes de blanc de Meudon, une poudre de craie qui limite le passage de la chaleur en période de canicule.

Le succès est tellement fulgurant que dans de nombreux magasins, le blanc de Meudon est en rupture de stock. C’est notamment le cas dans l’ensemble des magasins Leroy Merlin de région parisienne. La capitale n’est pas la seule concernée. « Il n’y en avait plus ce matin au magasin de bricolage », regrette Marion Denduyver.

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Une impréparation face aux vagues de chaleur

Une rupture de stock qui a tendance à agacer Pascal Lenormand, qui critique une impréparation générale face à ces vagues de chaleur qui sont amenées à se multiplier. « Cela fait des jours que nous savons que la chaleur va arriver. J’ai l’impression qu’on découvre le problème à chaque fois. Ce qu’il faut dans ces cas-là, c’est faire des stocks de fraîcheur dans les bâtiments en empêchant la chaleur de rentrer en journée et en ventilant un maximum la nuit. J’ai très peur de l’état des salles de classe lundi matin après un week-end entier où elles seront restées fermées », s’interroge le designer énergétique de l’entreprise Incub. Les températures s’annoncent encore bouillantes toute la semaine prochaine.