Plan anti-frelon asiatique : 3 millions d'euros jugés insuffisants
Plan anti-frelon asiatique : 3 M€ jugés insuffisants

Le frelon asiatique, une menace croissante pour la biodiversité

Introduit accidentellement en 2004 en France, le frelon asiatique (Vespa velutina) s'est durablement installé dans le pays et continue de se propager en Europe. Présent en Espagne, en Italie et même en Hongrie depuis 2024, cet hyménoptère constitue une menace sérieuse pour la biodiversité et l'apiculture.

Un insecte prolifique et dangereux

Le frelon asiatique vit en colonies composées d'une reine, d'ouvrières et de sexués. Les fondatrices, femelles fécondées, assurent la reproduction. Chaque nid peut abriter entre 6 000 et 15 000 individus. Sa piqûre, potentiellement mortelle pour les personnes allergiques, n'est pas le seul danger : 85 % de son alimentation est constituée d'abeilles, de guêpes et de mouches. Selon une enquête de la plateforme nationale d'épidémiosurveillance en santé animale (ESE), le frelon asiatique était la première cause observable de mortalité des colonies d'abeilles en 2023-2024, représentant 22,1 % des pertes.

Un plan gouvernemental jugé insuffisant

Face à cette situation, le gouvernement a présenté en avril un plan national de lutte contre le frelon asiatique. D'une durée de six ans renouvelable, ce plan doit être décliné au niveau départemental sous l'autorité des préfets. Il prévoit un financement de 3 millions d'euros par an pour la lutte, la recherche et la prévention.

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Des experts critiques

Cette enveloppe est jugée trop faible par les spécialistes. Henri Clément, porte-parole de l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF), a déclaré au journal Le Monde : « Cela fait plus de vingt ans que l'on dit que la situation est grave, il n'y a rien eu de fait, à part de la communication. Le plan du gouvernement est très décevant. On est encore abandonnés à notre sort. »

Quentin Rome, chercheur spécialiste du frelon asiatique au Muséum national d'histoire naturelle, partage cet avis : « Le plan gouvernemental reste flou et son financement est insuffisant. Inévitablement, le réchauffement climatique est favorable pour le frelon asiatique. »

Les apiculteurs et les scientifiques réclament des moyens supplémentaires pour endiguer la prolifération de ce prédateur, qui menace l'équilibre des écosystèmes et la production de miel.

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