À Pessac, l'ACPI cultive semences anciennes, pédagogie et insertion
ACPI à Pessac : semences, pédagogie et insertion

Une association aux multiples facettes

Implantée depuis un an sur la ferme du Peugue, à Pessac, l'Association conservatoire pédagogie insertion (ACPI) déploie ses activités : conservatoire de semences anciennes, pédagogie et insertion de jeunes porteurs de handicap. Rencontre avec son fondateur Philippe Lachamp.

Les figuiers voisinent avec les citronniers sauvages et les plants de tomate. Depuis presque un an, la ferme du Peugue de Pessac vit au rythme soutenu de Philippe Lachamp et des bénévoles qui l'entourent. Ils ont fondé l'ACPI. « C'est trois associations en une », résume Philippe Lachamp.

Un collectionneur passionné de semences anciennes

Philippe Lachamp est d'abord un impénitent collectionneur de semences anciennes. Contrairement à celles produites par les grandes entreprises de l'agrobusiness, celles-ci se reproduisent. « J'ai notamment plus de 2 000 variétés de tomates, 160 de piments, 150 de poivrons », égrène-t-il. Une passion qu'il a très vite mise à disposition de son travail d'enseignant au service des personnes en situation de handicap. Il œuvre au sein de l'Établissement régional d'enseignement adapté (Erea) d'Eysines.

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Pédagogie et inclusion

« À partir des plants, je faisais faire de l'étiquetage ou du conditionnement aux jeunes », déroule l'enseignant. Défendant une vision de l'inclusion « étape par étape », il organisait des stages de ses élèves dans différents Établissements et services d'accompagnement par le travail (Esat). Un dispositif qui a finalement été stoppé par l'Éducation nationale. « Je me trouvais avec des jeunes qui étaient envoyés à la mission locale. Mais cette dernière m'appelait pour les aider. » C'est là que pousse l'ACPI, en 2024.

« L'idée est de mêler l'activité de conservation des semences, avec celle de la pédagogie avec les structures éducatives, et l'insertion des jeunes en situation de handicap. » L'initiative séduit le maire de Pessac. La commune met à disposition deux terrains pour environ 7 000 m². Les premières graines sont semées en mai 2025.

Une production avant tout conservatoire

« Peu importe si nos plants ne donnent que trois ou quatre tomates, pose Philippe Lachamp, en faisant visiter les lieux à la nouvelle conseillère municipale à la biodiversité, Valérie Bernède. L'objectif n'est pas de produire mais surtout de conserver les semences. » Les légumes sont toutefois consommés, parfois par les plus petits, dans le cadre de la semaine du goût. « Nous avons un programme qui s'appelle De l'assiette à la terre, présente Murielle Ravisé, directrice de l'école La Farandole de Pessac, qui travaille avec Philippe Lachamp depuis plusieurs années. Les élèves goûtent d'abord, puis apprennent ce qu'est le rempotage, le semis, etc. »

Des chefs cuisiniers séduits

Cette année, comme l'an passé, l'ACPI met en terre 4 000 plants. Les parcelles accueillent aussi 70 espèces de figuiers et un jardin des sens qui contiendra aromates et soixante variétés de menthe. « Ce qui reste à développer, c'est tout le travail avec les jeunes en situation de handicap, précise Philippe Lachamp. Je suis en contact avec des structures, mais le transport sur place est souvent un frein. » Peu à peu l'ACPI se fait connaître. Elle séduit au-delà de Pessac, grâce aux rencontres nouées par Philippe Lachamp. « J'ai échangé avec plusieurs chefs dont le maître vinaigrier Jean-Philippe Lanouguère lors de la fête de la tomate. Ils étaient tous très intéressés car j'avais amené le Aji Charapita. » Il s'agit du « patient zéro » des piments, qui a enfanté tous les autres. Plus récemment, c'est le chef étoilé Stéphane Carrade qui a fait un saut à la ferme du Peugue. « Les gens me demandent comment je fais. Mais c'est l'aboutissement de trente ans de travail ! »

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