Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a traversé un été marqué par plusieurs polémiques. D'abord, sa démission annoncée le 21 juillet puis retirée le lendemain, à la demande d'Emmanuel Macron. Ensuite, ses vacances dans le Var pendant les incendies, qui ont suscité de vives critiques. Enfin, ses propos sur Jean-Luc Mélenchon dans une interview à Libération, qui ont provoqué une levée de boucliers dans la classe politique.
Une démission avortée après la loi d'urgence agricole
Monique Barbut, en poste depuis le 12 octobre 2025, a montré son désaccord avec la loi d'urgence agricole autorisant la réintroduction de deux pesticides. Elle a présenté sa démission le 21 juillet, dénonçant « le recul environnemental de trop ». Le lendemain, son cabinet a annoncé qu'elle restait finalement au gouvernement, à la demande d'Emmanuel Macron. Ce revirement a surpris, d'autant que la ministre avait accepté sa nomination en octobre 2015, succédant à Agnès Pannier-Runacher.
Des vacances dans le Var pendant les incendies
Le Canard enchaîné a révélé que Monique Barbut a passé plusieurs jours dans sa résidence secondaire à Sainte-Maxime, alors que de violents incendies mobilisaient les pouvoirs publics dans plusieurs départements du sud de la France. L'eurodéputé RN Matthieu Valet l'a surnommée « la ministre du transat » sur CNews, surnom repris après la diffusion d'extraits montrant la ministre participant en visioconférence aux cellules de crise interministérielles depuis sa villa. Son entourage a assuré qu'elle avait « poursuivi son travail » à distance.
Une interview à Libération qui scandalise la majorité
Dans un entretien accordé à Libération le 16 août, Monique Barbut a déclaré que Jean-Luc Mélenchon « intègre le plus la question du climat dans ses propositions économiques et sociales » parmi les responsables politiques. Cette déclaration a provoqué une levée de boucliers, notamment de la part du député RN Sébastien Chenu, qui l'a qualifiée d'« inutile et fantomatique ministre », et de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, qui a pris ses distances.
Face à la polémique, Monique Barbut a réagi sur LinkedIn, indiquant que « certains veulent [lui] faire dire ce qu['elle] n'[a] pas dit ». Elle affirme ne pas avoir « encensé » le programme de Jean-Luc Mélenchon, avec lequel elle a « de profonds désaccords », et exclut de se rendre à ses universités d'été. Elle précise que son propos portait sur une méthode, « intégrer la question climatique dans chacune de nos politiques publiques », et non sur une adhésion au programme des Insoumis. Elle ajoute qu'elle a qualifié Jean-Luc Mélenchon de personnalité qui n'est « pas [sa] tasse de thé ».
Un dossier lourd à présenter d'ici octobre
Au-delà des polémiques, la ministre est attendue sur un dossier concret. Le Premier ministre Sébastien Lecornu l'a chargée fin juillet de proposer des « mesures concrètes » d'ici « début octobre » pour accélérer la mise en œuvre du troisième Plan national d'adaptation au changement climatique. Elle annonce également réunir dès la rentrée l'ensemble des groupes politiques concernés et plaide pour « dépasser les clivages partisans » sur l'adaptation climatique.



