Monique Barbut : une ministre des boulettes en temps de crise
Monique Barbut : ministre des boulettes en crise

Dans une tribune publiée par Le Point, Monique Barbut, ancienne présidente du Fonds pour l'environnement mondial et figure reconnue de l'écologie, dresse un réquisitoire sévère contre la gestion des crises par le gouvernement français. Elle qualifie les décisions prises de « boulettes » et dénonce un manque de cohérence et de vision stratégique.

Des décisions critiquées sur la forme et le fond

Barbut revient sur plusieurs dossiers récents, notamment la gestion de la sécheresse, la politique agricole et la transition énergétique. Elle estime que les mesures annoncées sont souvent contradictoires et répondent davantage à des impératifs de communication qu'à une véritable stratégie écologique. Selon elle, « on navigue à vue, sans cap clair, ce qui nuit à la crédibilité de la France sur la scène internationale ».

Elle cite en exemple la décision de construire de nouveaux réacteurs nucléaires tout en subventionnant les énergies fossiles, ou encore les atermoiements sur la régulation des pesticides. « Comment expliquer aux citoyens qu'on veut protéger l'environnement tout en autorisant des pratiques qui le détruisent ? », interroge-t-elle.

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Un appel à une écologie de long terme

L'ancienne diplomate appelle à une remise à plat des priorités. Elle plaide pour une écologie « de long terme, cohérente et juste », qui ne sacrifie pas les générations futures à des intérêts électoralistes. « Nous avons besoin d'un gouvernement qui ose prendre des décisions impopulaires mais nécessaires, et qui les explique clairement », écrit-elle.

Barbut souligne également l'importance de la coopération internationale, rappelant que les crises écologiques ne connaissent pas de frontières. Elle regrette que la France perde son leadership en la matière, notamment depuis le départ de personnalités comme Nicolas Hulot.

Des propositions concrètes

Pour sortir de l'impasse, Monique Barbut avance plusieurs pistes : instaurer une véritable planification écologique, conditionner les aides publiques à des critères environnementaux stricts, et renforcer les pouvoirs des autorités indépendantes comme le Haut Conseil pour le climat. Elle insiste aussi sur la nécessité de former les élus et les hauts fonctionnaires aux enjeux climatiques.

« Il ne s'agit pas de faire de l'écologie punitive, mais de donner un cadre clair aux entreprises et aux citoyens. L'incertitude est le pire des poisons pour l'action », conclut-elle.

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