Monaco : comment la Principauté mesure la qualité de son air
Monaco : comment la Principauté mesure la qualité de son air

Depuis 1991, la Principauté de Monaco dispose d'un réseau de surveillance de la qualité de l'air, composé aujourd'hui de cinq stations fixes réparties sur l'ensemble du territoire. Ce dispositif, piloté par la direction de l'Environnement, permet de mesurer en continu cinq types de polluants atmosphériques : les particules fines (PM10 et PM2.5), le dioxyde d'azote (NO2), le dioxyde de soufre (SO2) et l'ozone (O3).

Un indice vulgarisé pour le grand public

« Nous avons des relevés qui nous parviennent en continu, explique Valérie Davenet, directeur de l'Environnement. On développe ensuite pour le grand public une information qui s'appelle "indice de la qualité de l'air". » Cet indice journalier (IQA), mesuré grâce à un partenariat avec AtmoSud, l'observatoire de la qualité de l'air en région Sud, est volontairement simplifié pour être compréhensible par tous.

« On n'a rien à cacher mais on ne communique pas nos analyses car ce sont des chiffres difficiles à comprendre. Donc au lieu de donner un chiffre qui n'est pas très parlant, l'indice va dire si l'air est bon, moyen, dégradé ou mauvais voire pire », précise Valérie Davenet. Cette approche pédagogique vise à rendre l'information accessible tout en restant transparente sur les données collectées.

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Un réseau parmi les plus denses au monde

Particularité de la cité-État, Monaco dispose d'un des réseaux de surveillance de la qualité de l'air les plus denses au monde. « L'avantage, c'est que cet indice est calculé sur la base des mesures de nos stations, donc c'est un relevé très local », souligne la directrice de l'Environnement. Grâce à un modèle statistique et aux données accumulées, l'indice permet également d'établir une prévision sur trois jours, réévaluée chaque jour en début d'après-midi selon les conditions météorologiques annoncées.

Ce réseau de pointe a été mis en place car Monaco, comme d'autres territoires, peut être sujet à une dégradation de la qualité de son air. « La principale menace ici est le trafic routier. Par rapport à 30 ans en arrière, son impact sur la qualité de l'air est moindre grâce notamment à l'absence de plomb dans les voitures ou l'arrivée de filtres à particules », note Valérie Davenet. Cependant, elle nuance : « On dénombre un plus grand nombre de voitures et même si on a des véhicules électriques aujourd'hui, ils ne font pas forcément baisser le nombre de particules car ceux-ci sont également libérés par le frottement des pneus sur le goudron lors du freinage. »

La topographie, un facteur aggravant

La vulnérabilité de Monaco est accentuée par sa topographie. « Ici, on peut avoir des concentrations de pollution à cause des montagnes qui peuvent la retenir sur le littoral ou tout simplement selon le vent. Et puis plus il va faire chaud, plus la température de la mer va grimper et plus on aura de l'humidité qui va rester coincée par les montagnes. L'air va moins se brasser et on risque de concentrer de la pollution. À l'inverse, l'air marin peut très bien la balayer et nous en débarrasser », détaille la directrice de l'Environnement.

Ces conditions météorologiques irrégulières et instables sur la Côte d'Azur peuvent mener à des scénarios inattendus. Par exemple, une alerte peut être signalée dans la région Sud mais pas à Monaco, et inversement. Plus surprenant encore, le polluant peut être transporté par le vent sur de nombreux kilomètres. « Ce qui fait qu'on peut déclencher une alerte à Monaco et pourtant l'origine de la pollution peut venir d'ailleurs », explique Valérie Davenet.

L'ozone, un polluant secondaire sous surveillance

L'ozone est l'autre principal polluant présent dans l'air. Ce gaz naturellement présent dans l'atmosphère peut s'avérer toxique s'il se trouve en grande quantité dans la basse atmosphère (troposphère). « C'est un polluant dit "secondaire" généré par la pollution du trafic routier ou les industries notamment et le soleil », précise la directrice de l'Environnement.

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Comme pour la pollution aux particules fines, plusieurs niveaux de vigilance existent. Le seuil d'information, qui précède l'alerte, voit des recommandations relayées à la population. Ce seuil est atteint « quelques fois par an, principalement l'été », note Valérie Davenet. Dans ce cas, il est recommandé aux personnes fragiles d'être vigilantes. « On préconise également à la population de ne pas faire d'efforts physiques en extérieur. Il faut rappeler que tout le monde est concerné par cela, y compris les jeunes et surtout en période de canicule », insiste-t-elle.

En cas de seuil d'alerte, ce qui n'est jamais arrivé à Monaco, des actions d'urgence pourraient être envisagées, comme rendre les transports en commun gratuits ou réduire le trafic routier en autorisant uniquement la circulation des véhicules électriques. Les cinq stations de surveillance sont situées rue Grimaldi, quai Antoine-1er, à Fontvieille, boulevard Charles-III et place des Moulins.