Loi agricole : Barbut dénonce une menace pour la démocratie de l'eau
Loi agricole : Barbut dénonce une menace pour l'eau

Le projet de loi d'urgence agricole, présenté par le gouvernement comme un acte de « réconciliation » après les mobilisations des agriculteurs en décembre dernier, suscite de vives critiques. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a alerté sur les risques liés à la gestion de l'eau.

Un texte profondément remanié au Sénat

Lors de son passage au Sénat, le texte a été profondément modifié. Selon Monique Barbut, ces changements pourraient aboutir à « une nouvelle loi Duplomb, qui met gravement en péril la démocratie de l’eau et, par conséquent, la garantie d’un partage juste de cette ressource vitale ».

Les inquiétudes de la ministre

La ministre a souligné que les modifications apportées au projet de loi risquent de compromettre les mécanismes de gouvernance de l'eau, essentiels pour assurer une répartition équitable entre les différents usages (agriculture, consommation humaine, industries). Elle a également rappelé que la ressource en eau est de plus en plus rare sous l'effet du changement climatique.

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Monique Barbut a insisté sur la nécessité de maintenir des instances de concertation locales et nationales pour éviter que les décisions ne soient prises unilatéralement au détriment de certains acteurs.

Un projet de loi contesté dès le départ

Le projet de loi d'urgence agricole avait été annoncé par le gouvernement pour répondre à la crise de revenus des agriculteurs et aux manifestations de l'hiver dernier. Cependant, les associations environnementales et plusieurs élus locaux dénoncent un recul sur les normes environnementales, notamment en matière de gestion de l'eau.

Les sénateurs ont notamment introduit des assouplissements sur les obligations de stockage de l'eau, ce qui pourrait favoriser les mégabassines et autres retenues d'eau privées, au détriment des ressources naturelles.

Quelles conséquences pour l'agriculture ?

Si la loi est adoptée en l'état, les agriculteurs pourraient bénéficier de davantage de flexibilité pour l'irrigation, mais au risque d'accentuer les tensions sur l'eau en période de sécheresse. Les défenseurs de l'environnement craignent une « privatisation de l'eau » et une remise en cause des principes de gestion collective.

Le débat parlementaire se poursuit à l'Assemblée nationale, où le texte doit être examiné dans les prochaines semaines. Monique Barbut a appelé à un « sursaut démocratique » pour préserver une gestion équilibrée de l'eau.

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