Jancovici lance une assemblée citoyenne sur le climat
Jancovici lance une assemblée citoyenne sur le climat

Jean-Marc Jancovici, ingénieur et président du Shift Project, a annoncé le lancement d'une assemblée citoyenne visant à donner la parole aux citoyens sur les enjeux climatiques. Cette initiative, révélée lors d'une conférence de presse tenue à Paris, se veut une réponse aux limites des débats traditionnels et des instances décisionnelles existantes.

Une initiative pour renforcer la participation citoyenne

L'assemblée citoyenne, dont les contours ont été précisés par Jancovici, réunira un panel de citoyens tirés au sort, représentatifs de la diversité de la population française. L'objectif est de permettre à ces citoyens de délibérer sur des questions clés liées à la transition écologique, telles que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l'adaptation aux changements climatiques et les politiques énergétiques.

Selon Jancovici, cette initiative s'inspire des modèles de conventions citoyennes, comme celle qui a été organisée en France en 2019-2020, mais avec une ambition renforcée : "Nous voulons que les citoyens aient un vrai pouvoir de proposition, et non pas seulement un rôle consultatif."

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Un calendrier et des modalités précis

L'assemblée citoyenne se réunira sur une période de six mois, avec des sessions mensuelles de deux jours. Les citoyens participants seront accompagnés par des experts, des scientifiques et des associations, afin de garantir des débats éclairés. Les travaux aboutiront à un rapport de propositions, qui sera remis aux pouvoirs publics et aux acteurs économiques.

Le financement de l'initiative est assuré par des fonds privés et des dons, avec un budget estimé à 2 millions d'euros. Jancovici a insisté sur l'indépendance de l'assemblée : "Nous ne sommes liés à aucun parti politique ni à aucun groupe d'intérêt. L'objectif est de produire des recommandations fondées sur la science et l'intérêt général."

Des réactions mitigées dans le monde politique

L'annonce a suscité des réactions contrastées. Plusieurs élus écologistes ont salué une initiative "nécessaire" pour relancer la démocratie participative, tandis que certains responsables politiques de la majorité ont exprimé des réserves, craignant une concurrence avec les institutions représentatives existantes. Un député LREM a notamment déclaré : "Nous avons déjà des mécanismes de consultation, comme le Conseil national de la transition écologique. Il faut éviter de multiplier les structures sans coordination."

De son côté, Jancovici a répondu à ces critiques en soulignant que l'assemblée citoyenne n'a pas vocation à se substituer aux institutions, mais à les compléter : "Nous voulons créer un espace de débat où les citoyens peuvent s'exprimer librement, sans pression politique ou économique."

Un impact potentiel sur les politiques publiques

Les organisateurs espèrent que les propositions de l'assemblée citoyenne influenceront les décisions publiques, notamment dans le cadre de la future loi de programmation énergie-climat. Jancovici a rappelé que les citoyens sont souvent les premiers concernés par les mesures de transition, mais qu'ils sont rarement consultés en amont. "Il est temps de renverser la logique : les citoyens doivent être acteurs, et non spectateurs, de la transition écologique."

La première session de l'assemblée citoyenne est prévue pour septembre 2023. Les citoyens intéressés pourront s'inscrire via une plateforme en ligne dédiée. Le rapport final sera publié en mars 2024, avant d'être présenté aux décideurs politiques et économiques.

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