En plein « backlash » contre la protection de l’environnement, le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret proposent d’inscrire dans notre droit un nouveau principe : l’habitabilité. Ce concept viendrait compléter la liberté et l’égalité, et pourrait avoir un impact concret sur la façon dont nous traitons les atteintes à l’environnement.
Un dialogue entre philosophie et droit
Dans leur ouvrage « Liberté, dignité, habitabilité. Donner au siècle la valeur qui lui manque » (Gallimard, « Tracts »), Morizot et Neyret expliquent leur démarche. Selon eux, le droit actuel ne permet pas de freiner efficacement ce que l’on appelle encore maladroitement les « atteintes à l’environnement », comme si seul le décor en était affecté, et pas nos vies réelles et incarnées.
Pourquoi l'habitabilité est nécessaire
De nombreux mouvements tentent de faire entrer le vivant dans nos catégories juridiques, en parlant d’« écocide » ou en accordant une personnalité juridique à des fleuves. Mais pour Morizot et Neyret, ces approches ne suffisent pas. L’habitabilité permettrait de rééquilibrer la balance de la justice en donnant une valeur fondamentale à la capacité de la Terre à accueillir la vie.
Un impact pratique
Concrètement, ce principe pourrait modifier la jurisprudence en matière de pollution, de destruction d’écosystèmes ou de changement climatique. Il s’agirait de reconnaître que ces phénomènes ne sont pas seulement des dommages collatéraux, mais des atteintes directes à notre capacité à vivre sur Terre.
Les auteurs espèrent que cette proposition pourra inspirer les législateurs et les juges, et contribuer à un changement de paradigme dans la protection de l’environnement.



