L'intelligence artificielle s'installe progressivement dans notre quotidien, mais sa matérialité devient un sujet de controverse. Les data centers, indispensables à son fonctionnement, sont de plus en plus contestés en France et dans le monde pour leurs nuisances, notamment leur consommation énergétique et en eau.
Une adoption croissante de l'IA dans divers secteurs
Depuis quelques semaines, Google propose le « mode IA » qui facilite les recherches en ligne. Cet été, de nombreux utilisateurs ont préparé leurs vacances et leurs itinéraires en recourant à l'IA. Les chatbots, propulsés par cette technologie, sont de plus en plus présents sur les sites d'entreprises et d'administrations. L'IA fait également son entrée dans les métiers de la santé, du droit et de la sécurité, et rares seront bientôt les professions qui y échapperont.
Des data centers voraces en ressources
Pour soutenir cette révolution numérique, il faut multiplier les data centers. Ces grands bâtiments, qui regroupent des milliers de serveurs chargés de traiter les données informatiques, sont très énergivores et nécessitent d'importantes quantités d'eau pour leur refroidissement, alors que la sécheresse estivale entraîne de plus en plus de restrictions. Ils ne sont pas non plus neutres pour le voisinage en termes de nuisances sonores ou de dégagement de chaleur.
Entre environnement et souveraineté numérique
Face à ces nuisances, la question d'une régulation plus stricte de l'installation de ces centres de données se pose. Cependant, la France et l'Europe, ayant déjà manqué la révolution technologique liée à internet au profit des géants américains et chinois, risquent d'hypothéquer leurs chances de retrouver une souveraineté numérique en instaurant des normes trop strictes qui feraient fuir les investisseurs. Le chemin est étroit entre la préservation de l'environnement et l'accompagnement nécessaire des progrès technologiques. Comme le souligne l'éditorial, « l'IA n'est pas immatérielle mais est composée de machines bien réelles ».
Cette réalité impose de trouver un équilibre, même si l'IA elle-même ne saurait fournir une réponse convaincante à ce dilemme.



