Le tribunal correctionnel de Nîmes a reconnu, ce mercredi 19 août, un arbitre de Ligue 1 coupable de violences conjugales. Il a été condamné à six mois d'emprisonnement intégralement assortis du sursis, ainsi qu'à une interdiction d'entrer en contact avec la victime pendant trois ans. Il devra également suivre un stage de sensibilisation à la lutte contre les violences conjugales. Cette condamnation ne sera toutefois pas inscrite au casier judiciaire de l'arbitre, comme l'avait demandé la défense.
Une audience marquée par les réquisitions du parquet
Lors de l'audience du 7 août dernier, la procureure avait requis 18 mois de prison assortis d'un sursis probatoire de deux ans, avec une exécution provisoire. La décision a été rendue ce mercredi 19 août. Le président du tribunal correctionnel de Nîmes a averti l'arbitre : "C'est une épée de Damoclès au-dessus de votre tête".
À l'audience, la victime, une avocate inscrite au barreau de Nîmes, avait relaté plusieurs scènes de violences. Elle accusait notamment son compagnon de l'avoir traînée par les cheveux et de lui avoir asséné plusieurs coups.
La défense exprime sa déception
Me Bruno Rebstock, du barreau d'Aix-en-Provence, qui défendait l'arbitre aux côtés de Me Eric Borghini, a réagi : "C'est une déception. Nous avions plaidé la relaxe, considérant, lors de l'audience comme aujourd'hui, qu'il n'était pas l'auteur de violences volontaires."
L'avocat se dit néanmoins satisfait d'une peine inférieure aux réquisitions de la procureure. "Cette décision ramène ce dossier à de justes proportions", estime Me Bruno Rebstock. Concernant l'absence d'inscription au casier judiciaire, il considère que "le tribunal a compris que ce qui s'est passé dans ce couple particulier ne devait pas ternir le parcours exemplaire de mon client".
La partie civile salue une victoire importante
Du côté de la partie civile, Me Olivier Morice salue au contraire une "victoire importante" pour sa cliente. "Elle est reconnue comme victime, après un combat difficile", souligne l'avocat. Il s'interroge par ailleurs sur les conséquences de cette condamnation sur la carrière de l'arbitre : "Je n'imagine pas que la Ligue de football accepte qu'un arbitre de haut niveau puisse continuer d'exercer après avoir été reconnu coupable de violences conjugales. Ce serait en totale contradiction avec les règles de loyauté et d'intégrité que doivent revêtir les arbitres de Ligue 1."
La défense a indiqué se réserver le droit de faire appel. Au-delà du volet judiciaire, l'avenir de l'arbitre dans le football professionnel dépendra désormais de la décision de la Fédération Française de Football.



