Des mandats d'Emmanuel Macron, on retiendra peut-être qu'en matière d'écologie, ils ont commencé comme ils ont (presque) fini : avec une (presque) démission fracassante sur fond de désaccord politique. Ce mercredi, la ministre Monique Barbut a remis sa démission après le vote au Parlement de la loi d'urgence agricole, laquelle réintroduit deux pesticides neurotoxiques jusqu'alors interdits en France… avant de changer d'avis, rattrapée semble-t-il par la manche par Emmanuel Macron au nom de « l'urgence d'agir ».
Nicolas Hulot : la démission la plus fameuse
Il restera comme le premier ministre de l'Écologie du premier gouvernement d'un Emmanuel Macron fraîchement élu. L'ex-animateur télé démissionne avec fracas un matin de septembre 2018 au micro de France Inter. Son annonce prend tout le monde de court, y compris le président, qui n'avait pas été informé de cette sortie.
En poste depuis quinze mois, Nicolas Hulot justifie sa démission par le manque d'ambition du gouvernement et d'Emmanuel Macron, jugeant que son action n'a permis d'obtenir que des « petits pas » en matière environnementale et dénonçant la trop forte présence des lobbies de la chasse, du nucléaire ou des pesticides autour de l'Élysée et de Matignon. Bien vu.
François de Rugy : la plus dure à avaler
Un mauvais dîner pour ce qui fut le seul poste de ministre de sa carrière. Prenant la suite de Nicolas Hulot, François de Rugy démissionne en juillet 2019 une semaine après des révélations de Mediapart. Elles font état de dîners fastueux à base de homards et de grands crus payés par le contribuable lorsqu'il présidait l'Assemblée, et de travaux dans son logement de fonction.
L'affaire est restée célèbre, notamment pour son surnom de « Homard Gate » et pour la maladroite défense du mis en cause, qui jurait ne pas aimer le homard et ne pas prendre de champagne.
Delphine Batho : la plus honorable
Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne, aurait dit Chevènement. Cela marche aussi au féminin. En juillet 2013, après un an à occuper le poste sous Jean-Marc Ayrault, Delphine Batho qualifie publiquement de « mauvais » le budget 2014 de son ministère. Elle est remerciée de ses fonctions quelques instants plus tard avant d'avoir officiellement démissionné.
Nathalie Kosciusko-Morizet : la plus anticipée
Après dix-huit mois comme ministre de l'Écologie entre novembre 2010 et février 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet démissionne du gouvernement Fillon. « Je quitte ce ministère pour éviter tout mélange des genres », explique-t-elle alors, avant de partir prendre la direction de la campagne de Nicolas Sarkozy. Il sera défait par François Hollande au second tour.
Monique Barbut : la (non) démission tactique
Une annonce de démission empreinte de panache, avant qu'Emmanuel Macron ne lui passe - on imagine – la brosse. Monique Barbut a finalement annoncé ce mercredi vouloir rester au gouvernement en raison de « l'urgence d'agir contre les conséquences du changement climatique ».
Monique Barbut avait initialement motivé sa démission par le vote mardi de la loi d'urgence agricole, qui réintroduit notamment deux pesticides neurotoxiques.
Les éphémères
Parmi les autres ministres de l'Écologie de ces dernières années, évoquons Amélie de Montchalin, battue aux législatives de juin 2022 et écartée trois mois après sa prise de fonction.
Christophe Béchu a lui quitté ses fonctions après la dissolution et la nomination de Barnier. Un Premier ministre qu'avait accepté Agnès Pannier-Runacher, avant de se retirer au moment de la - déjà - vraie fausse démission de Lecornu, jugeant « une rupture » nécessaire.
Sans oublier Élisabeth Borne, promue au Travail puis Première ministre après son passage à l'Écologie.



