Hôpital faune sauvage Laroque saturé après canicule
Hôpital faune sauvage Laroque saturé après canicule

Après une canicule qui a provoqué une surfréquentation, l’hôpital faune sauvage de Laroque, près de Ganges dans l’Hérault, se réinvente pour éviter la saturation. La vétérinaire et fondatrice Marie-Pierre Puech annonce un changement de cap : « On ne veut plus rentrer dans une fatigue compassionnelle. » L’établissement, créé il y a 18 ans par l’association Goupil Connexion, a dû refuser certaines entrées d’animaux.

Un millier de martinets l’an dernier, 400 cette année

L’été dernier, pas moins d’un millier de martinets, assommés par la chaleur, avaient été accueillis, nourris et hydratés au doigt un par un. Cette année, la structure se fixe une limite : « On va s’arrêter à 400, et se focaliser sur la qualité. Il faut prendre le temps d’accueillir », explique Marie-Pierre Puech, qui admet avoir été débordée le mois dernier. Le surtourisme aggrave également le nombre d’animaux blessés.

Prendre le problème à la racine

Passé l’été, l’hôpital sera désengorgé avec le relâcher de certaines espèces comme les chouettes hulottes, qui pourront se nourrir et boire à l’extérieur. La vétérinaire de 68 ans pourra alors se consacrer à des actions de prévention : « Pour avoir moins d’animaux ici, il ne faut pas qu’ils en arrivent à devoir venir ici. Ça veut dire éviter qu’il se fasse shooter ou chasser. » Les bénévoles interviennent auprès du grand public via des stands et des visites d’écoles. « On va réintégrer la biodiversité dans le cerveau de tout le monde », se réjouit Marie-Pierre, qui espère transformer l’hôpital en « lieu de démonstration et d’excellence » et « refaire communauté » avec les animaux.

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Une équipe hétéroclite et des appels incessants

Pour atteindre ces objectifs, la fondatrice s’entoure de personnes d’horizons variés : une septuagénaire du Samu social, un lycéen aspirant soigneur animalier, une écologue au chômage, et une vétérinaire péruvienne, Maria Belem Aguirre, qui supervise les soins. Cette année, l’hôpital compte trois salariés (contre neuf en 2025) et une centaine de bénévoles. Catherine, surnommée « Madame invisible », revenue après avoir quitté ses fonctions administratives épuisée, gère les appels : « J’ai plus de 300 appels par jour. Alors on refuse, mais on les conseille. » Elle s’occupe aussi des demandes de subventions, vitales pour le lieu implanté depuis 2002. Depuis janvier 2026, l’hôpital a accueilli 1 274 animaux.

Un besoin de financement crucial

« Il faut compter 220 euros pour soigner un animal, et on a besoin de 150 000 à 200 000 euros pour faire tenir le lieu sur une année », détaille Marie-Pierre Puech, propriétaire du terrain de 290 000 m². Le site comprend plusieurs volières, une annexe de nourrissage, une maison pour l’accueil et l’administratif, un local de réunion, un local de recherche et une unité de soins intensifs. L’association compte sur les adhésions et les 1 200 dons annuels, mais les subventions manquent. « Seulement 300 euros du village de Laroque… Finalement, notre boulot, le terrain, tout est gratuit. La charité a des limites ! », s’insurge-t-elle. L’aide de la région est la plus importante : 18 000 euros à l’année. Il n’existe que neuf centres de soin pour la faune sauvage en Occitanie, dont deux dans l’Hérault. Un troisième centre, prévu près du Zoo du Lunaret, pourrait apporter un peu de répit. Le leitmotiv de l’année à venir : « un tiers de conservation, un tiers de soin et un tiers d’éducation, slowly. »

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