Exploitation des hydrocarbures : les élus guyanais accusent Paris de colonialisme vert
Guyane : Paris accusé de colonialisme vert sur les hydrocarbures

La décision du gouvernement français d'interdire l'exploitation des hydrocarbures en Guyane a provoqué une vive réaction des élus locaux, qui accusent Paris de faire preuve de « colonialisme vert ». Cette expression, employée par plusieurs responsables politiques guyanais, traduit un sentiment de frustration face à ce qu'ils perçoivent comme une imposition de valeurs environnementales sans prise en compte des réalités économiques et sociales du territoire.

Une décision contestée

Le 8 juin 2026, le ministre de la Transition écologique a annoncé que le permis de recherche d'hydrocarbures dit « Guyane Maritime » ne serait pas renouvelé, invoquant des impératifs climatiques. Cette décision a été immédiatement critiquée par les élus guyanais, qui y voient une entrave au développement économique de la région. La Guyane, département français d'outre-mer, connaît un taux de chômage élevé et une économie fragile, dépendante des subventions métropolitaines.

Les réactions des élus

Le président de la collectivité territoriale de Guyane, Gabriel Serville, a déclaré : « On nous refuse le droit de développer nos ressources naturelles sous prétexte de protéger la planète, mais on continue d'importer du pétrole depuis des pays lointains. C'est une forme de colonialisme vert. » D'autres élus, comme le sénateur Antoine Karam, ont souligné que l'exploitation des hydrocarbures pourrait créer des milliers d'emplois et générer des revenus significatifs pour le territoire.

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Les arguments du gouvernement

De son côté, le gouvernement justifie sa décision par la nécessité de respecter les engagements climatiques de la France, notamment l'accord de Paris. Le ministère de la Transition écologique rappelle que l'exploitation des hydrocarbures est incompatible avec l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050. Il propose en contrepartie des aides à la transition énergétique pour la Guyane, notamment dans les énergies renouvelables.

Un débat plus large

Cette controverse s'inscrit dans un débat plus large sur la place des territoires ultramarins dans la stratégie climatique française. Les élus guyanais estiment que les décisions sont prises à Paris sans consultation suffisante des populations locales. Ils réclament une plus grande autonomie en matière de gestion des ressources naturelles. « Nous ne voulons pas être les gardiens de la biodiversité mondiale sans pouvoir bénéficier de nos propres richesses », a ajouté Gabriel Serville.

La question de l'exploitation des hydrocarbures en Guyane n'est pas nouvelle. Plusieurs permis de recherche ont été accordés par le passé, mais aucun n'a abouti à une exploitation commerciale en raison de contraintes techniques et environnementales. Cependant, les récentes découvertes de pétrole au large des côtes du Suriname voisin ont relancé les espoirs d'un potentiel pétrolier guyanais.

Les élus guyanais menacent de saisir la justice administrative pour contester la décision du gouvernement. Ils espèrent également obtenir le soutien de l'Union européenne et de l'ONU pour faire valoir leur droit au développement. Cette affaire met en lumière les tensions entre impératifs environnementaux globaux et aspirations locales au développement, un équilibre difficile à trouver dans les territoires d'outre-mer.

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